Dates
Nov 10 – Jan 25, 2026
[Scroll down for French version / Veuillez trouver ci-dessous la version française] Galerie Nathalie Obadia is pleased to present a new solo exhibition, in Paris, by Patrick Faigenbaum, considered one of the most important photographers of his generation. The exhibition brings together works from three distinct series: Rue de Clichy, juin 2024, previously unseen, pays tribute to his late mother's home; Cristallerie Saint-Louis (2022) is the result of several weeks of immersion in the heart of the crystal factory in the Northern Vosges; and finally, Santulussurgiu (1999-2019) explores his wife's native village in Sardinia, where the artist has regularly holidayed since the late 1990s. In the light that grazes a piece of fruit or an object, Patrick Faigenbaum conveys "the interstice between things" as a tangible presence -a space where time seems suspended, impossible to date. Born in Paris, in 1954, Patrick Faigenbaum has been developing a body of work for over forty years that combines pictorial heritage and documentary rigor. Trained as a painter, he turned to photography in the 1970s, stayed at the Villa Medici from 1985 to 1987, and received the Henri Cartier-Bresson Prize in 2013. His practice is rooted in a deep familiarity with the history of painting, which gives his images a painterly dimension where "the art of composition occupies a central place." For the artist, photography seeks a form of slowness and uncertainty: "Like the effect of painting, it dilutes […] sharpness is never a precise point in his work." It is as if time hesitated to settle. Here, the gaze seeks less to capture than to accommodate - to tame what it sees as much as what it does not see. This tension between presence and effacement gives his portraits, still lifes, and landscapes a meditative quality. The current exhibition resonates with the artist's personal memory while weaving a collective narrative. The new series, Rue de Clichy, juin 2024, of which two photographs are exhibited here, is a continuation of L'appartement de Suzanne - 34, rue de Clichy (2016-2021): after his mother's death in 2015, Patrick Faigenbaum took over her apartment in Paris, photographing each room in its undisturbed state, along with the furniture and the objects that accompanied her throughout her life. From these familiar fragments, he composed a mosaic of memories, halfway between a diary and a still life. In 2024, the artist reopened boxes that contained the utensils of his childhood, destined to be forgotten. "Before parting with them, I wanted to preserve the memory, so I set about creating these images," he confides. His compositions transform the shine of metal, the fragility of porcelain, and the banality of utensils into silent actors in a domestic narrative. The Cristallerie Saint-Louis series is the result of an invitation extended to the artist by the Fondation d'entreprise Hermès in 2022. Since childhood, Patrick Faigenbaum has been fascinated by the Tommy glasses -of which a number of multicolor roemers were included in his aunt's wedding trousseau. He spent several weeks in Saint-Louis-lès-Bitche, in the Northern Vosges, where he photographed the factory, its artisans, and their environment, capturing both the colorful brilliance of the crystal and the precision of the techniques passed down from generation to generation. The Santulussurgiu series, created over many years, forms a Mediterranean fresco, bathed in radiant light. Here, documentary rigor is combined with a painterly meditation on color and composition. The photographic montage Le Citronnier (2019), presented in the exhibition, lies at the crossroads between landscapes, portraits, and still lifes-in which Jean-François Chevrier saw "landscapes in miniature." Begun more than twenty years ago, this series is now considered as an essential milestone in the artist's oeuvre, intertwining territory, memory and family history. The convergence of these works from three distinct series draws an "interior geography" in which "places and objects form a network of memory, lineage, and transmission," according to the artist. Devoid of human figures, these photographs nevertheless possess a singular presence. ***** La Galerie Nathalie Obadia a le plaisir de présenter à Paris une nouvelle exposition personnelle de Patrick Faigenbaum, photographe considéré comme l’un des plus importants de sa génération. L’exposition réunit des œuvres issues de trois séries distinctes : Rue de Clichy, juin 2024, inédite, rend hommage au lieu de vie de sa mère disparue ; Cristallerie Saint-Louis (2022) est le fruit d’une immersion de plusieurs semaines au cœur de la manufacture des Vosges du Nord ; enfin, Santulussurgiu (1999-2019) explore le village natal de son épouse en Sardaigne, où l’artiste séjourne régulièrement depuis la fin des années 1990. Dans la lumière qui effleure un fruit ou un objet, Patrick Faigenbaum parvient à traduire « l’intervalle entre les choses » comme une présence — un espace où le temps semble suspendu, hors de toute datation. Né à Paris en 1954, Patrick Faigenbaum développe depuis plus de quarante ans une œuvre à la croisée de l’héritage pictural et de l’exigence documentaire. Formé à la peinture, il se tourne vers la photographie dans les années 1970, séjourne à la Villa Médicis entre 1985 et 1987, et reçoit en 2013 le Prix Henri Cartier-Bresson. Sa pratique s’enracine dans une grande familiarité avec l’histoire de la peinture, qui confère à ses images une dimension picturale où « l’art de la composition occupe une place centrale ».[1] Chez l’artiste, la photographie cherche une forme de lenteur et d’incertitude : « À l’image de l’effet de la peinture, elle se dilue (...) la netteté n’est jamais un point précis dans son œuvre »[2] ; c’est comme si le temps hésitait à se fixer. Ici, le regard cherche moins à capturer qu’à accommoder — à apprivoiser ce qu’il voit autant que ce qu’il ne voit pas. Cette tension entre présence et effacement confère à ses portraits, natures mortes et paysages une qualité méditative. L’exposition actuelle met en résonance la mémoire personnelle de l’artiste tout en tissant un récit collectif. La nouvelle série Rue de Clichy, juin 2024, dont deux photographies sont ici présentées, s’inscrivent dans la continuité de L’appartement de Suzanne - 34, rue de Clichy (2016-2021) : Patrick Faigenbaum avait investi l’appartement de sa mère disparue en 2015, à Paris, photographiant toutes les pièces dans leur aménagement resté intouché, les meubles, les objets de toute une vie. De ces fragments familiers, il avait composé une mosaïque de traces mémorielles, à mi-chemin entre journal intime et nature morte. En 2024, l’artiste rouvre les cartons contenant les ustensiles de son enfance, promis à l’oubli : « Avant de m’en séparer, j’ai voulu en garder le souvenir et je me suis attelé à faire ces images », confie-t-il. Ses compositions transforment l’éclat d’un métal, la fragilité d’une porcelaine ou la banalité d’un ustensile en acteurs silencieux d’un récit domestique. La série de la Cristallerie Saint-Louis résulte d’une invitation adressée à l’artiste par la Fondation d’entreprise Hermès en 2022. Depuis son enfance, Patrick Faigenbaum est fasciné par les verres Tommy[3] — dont plusieurs roemers multicolores figuraient dans le trousseau de mariage de sa tante. Il a passé plusieurs semaines à Saint-Louis-lès-Bitche, dans les Vosges du Nord, où il a photographié la manufacture, ses artisans et leur environnement, saisissant à la fois l’éclat coloré du cristal et la précision des gestes transmis de génération en génération. L’ensemble Santulussurgiu, constitué au fil des ans, compose une fresque méditerranéenne traversée par une lumière radieuse. Ici, la rigueur documentaire se conjugue à une méditation picturale sur la couleur et la composition. Le montage photographique Le Citronnier (2019), présenté dans l’exposition, se situe au croisement entre paysages, portraits et natures mortes – dans lesquelles Jean-François Chevrier a vu « des paysages en modèle réduit ». Commencée il y a plus de vingt ans, cette série s’impose aujourd’hui comme un jalon essentiel dans l’œuvre de l’artiste, où s’entrelacent territoire, mémoire et histoire familiale. La réunion de ces œuvres issues de trois séries distinctes dessine une « géographie intérieure » dans laquelle les « lieux et les objets forment un réseau de mémoire, de filiation et de transmission », selon les mots de l’artiste. Dénuées de figure humaine, ces photographies sont cependant dotées d’une présence singulière. Patrick Faigenbaum est né à Paris (France) en 1954 où il vit et travaille. Patrick Faigenbaum est un artiste majeur de la scène photographique contemporaine. Ses œuvres sont présentes dans les plus importantes collections publiques et privées dont : le Metropolitan Museum of Art à New York (États-Unis), le San Francisco Museum of Modern Art (États-Unis), le Josef Albers Museum, Quadrat-Bottrop (Allemagne), le Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofia à Madrid (Espagne), le Centre Pompidou à Paris (France), La Fondation Cartier pour l’art contemporain à Paris (France), le MAM - Musée d’Art Moderne de Paris (France), la Maison Européenne de la Photographie, Paris (France). En 2024, une exposition personnelle lui a été consacrée à La Grande Place – Musée du Cristal Saint-Louis à Saint-Louis-lès-Bitche (France). En 2021, une exposition personnelle d’envergure s’est tenue au Josef Albers Museum Quadrat à Bottrop (Allemagne). Parmi ses expositions personnelles marquantes, on peut citer Barcelona Besòs View en 2017 à La Virreina Centre de la Imatge (Barcelone, Espagne) ; en 2015, l’exposition itinérante Kolkata/Calcutta, présentée à la Fondation Cartier-Bresson (Paris), à la Galerie Nathalie Obadia (Paris) et à l’Aperture Foundation (New York, États-Unis) ; en 2014, une présentation au Musée des Beaux-Arts de Chambéry (France) ; en 2013, une exposition monographique à la Vancouver Art Gallery (Canada) et à l’Académie de France à la Villa Médicis (Rome, Italie). En 2012, ses œuvres ont été exposées au Musée de la Vie Romantique (Paris) avec Paris – Proche et Lointain, ainsi qu’au Point du Jour (Cherbourg-en- Cotentin) avec Noir et Blanc – 1973-2008. En 2008, plusieurs institutions européennes et israéliennes lui ont consacré des expositions, notamment le Kunstmuseum de Bochum (Allemagne), le Mishkan Le’Omanut – Museum of Art (Ein Harod, Israël), le Musée de Grenoble (France) et l’Artothèque de Caen (France). En 2005, une exposition lui a été consacrée au Musée du Louvre (Paris). Plus tôt dans sa carrière, il a présenté Tableaux romains (1989) au Musée d’Art Contemporain de Nîmes, à La Garenne Lemot (Clisson) et à la DRAC de Nantes, tandis que Vies parallèles était montrée au Musée départemental de Rochechouart. En 1988, l’exposition Roman Portraits a circulé entre l’Art Institute of Chicago et le Museum of Art de Dallas (États-Unis). Enfin, en 1984, le Centre Georges Pompidou (Paris) lui consacrait déjà une importante exposition. Par ailleurs, son travail a été présenté dans des institutions prestigieuses, parmi lesquelles : la Collection Lambert (Avignon, 2019), le CAFA Art Museum (Pékin, 2018), l’Institut d’Art Contemporain de Villeurbanne (2015), le Musée d’Art et d’Histoire de la ville de Cognac (2013), le MACBA de Barcelone (2008), le Palais des Beaux-Arts de Bruxelles (2001) et le Palais de Tokyo à Paris (1986). En 2013, Patrick Faigenbaum a remporté le prestigieux Prix Henri Cartier-Bresson, qui récompense tous les deux ans un photographe reconnu pour son talent et son engagement dans une démarche documentaire singulière. Patrick Faigenbaum est représenté par la Galerie Nathalie Obadia, Paris/Bruxelles, depuis 2008. 1 - Jean-François Chevrier, cité dans le communiqué de presse de l’exposition Patrick Faigenbaum à la Cristallerie Saint-Louis, Fondation d’entreprise Hermès, 2022. 2 - Corinne Rondeau, « Expositions : The Devil’s Fidelity, Hommage à Delacroix, Patrick Faigenbaum », émission La Dispute, France Culture, 18 janvier 2012. 3 - Créés en 1928 par la Cristallerie Saint-Louis, les verres Tommy sont reconnaissables à leur décor taillé caractéristique. Soufflés bouche et taillés à la main, ils sont devenus une référence de l’art de la table et se déclinent dans de nombreuses couleurs.