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Germain, Paris

Eulàlia Grau

Etnografias

Georges-Philippe et Nathalie Vallois

8 November – 15 December 2024

[Scroll down for French version / Veuillez trouver ci-dessous la version française] In the early 1970s, Eulàlia is very young and very angry. She’s in her twenties when she begins to sketch portraits of her society conservative, violent, authoritarian and Catholic. She calls herself Eulàlia already ; no patronym, and no clear-cut idea of what she hopes to do, except to leave. Leaving is urgent. In 1971, Eulàlia elects Paris and leaves her native Catalonia where Franco continues to spread his terror. Entrance tickets to national museums, chocolate wrappers and a few café receipts bear witness to this getaway. These sparse scraps of paper are laid out on a gray cardboard sheet, clearly dated. The memory of a first collage. (…) Paris only lasted a month, but collage remained. Collage is good. Eulàlia does not want to dwell on the artistic gesture, she has no time for that, everything is urgent in the early ‘70s. (…) In 1972 she launched the ‘Etnografias’ series of photomontages; the title speaks for itself. Each Etnografia is made from a collage photographed, enlarged and then reproduced on canvas using a photographic emulsion process, sometimes enhanced with a few touches of acrylic.(…) Each painting has its collage – its miniature, fragile version, made of small pieces carefully cut out and intertwined by the artist. Eulàlia’s gesture is precisely there. As Max Ernst said « it is not the glue that makes the collage ». The resulting photomontage necessarily has a Pop aesthetic – smooth, neatly shaded by an exaggerated enlargement of the original image lending it an assumed and immediately recognizable aspect; nonetheless, Eulàlia feels closer to the visual games of the Dadaists. Through collage, she confronts fragments of reality that do not normally meet. She details them, rubs them together on the same plane; and that’s when the work starts to scream.(…) Eulàlia’s collages reflect the urgency she felt in those years; her works scream in all directions: towards injustice, religion, oppression, capitalism, poverty, among many others. (…) These discriminations were topical then; but the claim was not considered feminist at the time, specifies Eulalià; it was a spontaneous response. Like a truth too often stifled. It is obvious that Eulàlia’s collages still scream today; the urgency is still the same. Just as vivid and universal. Don’t forget to let the little papers scream — it’s important. —Agate Bortolussi ****** Au début des années 1970, Eulàlia est très jeune et très en colère. Elle a une vingtaine d’années quand elle commence à tirer le portrait de sa société, conservatrice, violente, autoritaire et catholique. Elle se fait déjà appeler Eulàlia – pas de patronyme, ni d’idée précise de ce qu’elle veut faire, sauf partir. Partir est urgent. 1971, Eulàlia choisit Paris et quitte sa Catalogne natale où Franco continue de répandre sa terreur. Des tickets d’entrée aux musées nationaux, des emballages de chocolat et quelques reçus de cafés témoignent de cette échappée. Ces quelques bouts de papier sont encore entreposés sur une feuille cartonnée et grise, bien datée. Un souvenir de premier collage. (…) Paris n’a duré qu’un mois, mais le collage est resté. Le collage c’est bien. Eulàlia ne veut pas s’attarder sur le geste artistique, elle n’a pas de temps pour ça, tout urge dans ce début des années 70. (…) En 1972 elle lançait la série de photomontages Etnografias ; le titre parle de lui-même. Chaque Etnografia est fait à partir d’un collage photographié, agrandi puis reproduit sur toile par un procédé d’émulsion photographique, parfois augmenté par quelques touches d’acrylique. (…) A chaque tableau son collage – sa version miniature, fragile, faite de petits bouts soigneusement découpés et entremêlés par l’artiste. Le geste d’Eulàlia se trouve précisément là. Comme dit Max Ernst « ce n’est pas la colle qui fait le collage ». Le photomontage qui en résulte a nécessairement un côté Pop – lisse, bien tramé par un agrandissement exagéré de l’image d’origine qui lui donne un air assumé et si reconnaissable ; alors qu’Eulàlia se sent plus proche des jeux visuels des Dadaïstes. Par le collage, elle confronte des fragments de réalité qui ne se rencontrent normalement pas. Elle les détaille, les frotte les uns avec les autres sur le même plan ; et c’est à ce moment-là que l’oeuvre se met à crier. (…) Les collages d’Eulàlia reflètent bien l’urgence qu’elle ressent dans ces années-là ; ses œuvres crient dans toutes les directions : l’injustice, la religion, les oppressions, le capitalisme, la pauvreté parmi tant d’autres. (…) Les collages d’Eulàlia reflètent bien l’urgence qu’elle ressent dans ces années-là ; ses œuvres crient dans toutes les directions : l’injustice, la religion, les oppressions, le capitalisme, la pauvreté parmi tant d’autres. (…) Il est évident que les collages d’Eulàlia crient encore de nos jours ; l’urgence est toujours la même. Toute aussi vive et universelle. Ne pas oublier de laisser crier les petits papiers c’est important. —Agate Bortolussi

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Paris, NY

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