Dates
Nov 27 – Jan 16, 2026
[Scroll down for French version / Veuillez trouver ci-dessous la version française] Emanuela Campoli is pleased to present When I Became You, Victoria Roth’s first exhibition with the gallery. The exhibition brings together a group of recent works that engage with ideas of queer abstraction and desire as embedded in shifting biomorphic shapes that tickle, swell, twist and pierce. Roth’s paintings delineate affective spaces where imagery suggestive of the body is caught in the midst of becoming, implying the potential for metamorphosis. When I Became You evokes the psychological tension involved in merger fantasy – the promise of wholeness alongside the fear of a complete dissolution of the self. The work of the same name (2024) features meaty shapes of incandescent pinks and purples that sway, in unison, within a deep furtive space. In this stark painting of echoing forms, movements and colors suggest the morphing of one being into another, exposing the fraught quality of the self. One could question who the you is in the sentence, which form overtakes the other, or when fusion gives way to separation, yet no linear progression emerges—only moments of doubling and slippage between two parallel entities. A question might also arise around the when - Roth’s paintings seem to be the result of an event or an experience that is recorded as it unfolds. Her works bear an almost diaristic or notational nature, which is present in her detailed, commented sketches, but also in her titles indicating a certain tense or temporal positioning, like Today’s Tickler (2025) or Future Remedy (2025). In the latter, red, elongated limbs stretch around a central, organ-like form, leaving loose, spotted traces of themselves within it. Shapes develop in a dislocated space that feels otherworldly and expansive, with gradients and vacuum zones that contend with the light of the screen. This work imagines the feeling, appearance and meaning of intimacy in a future that could expand what the body can be and go beyond binary or even human-centered frameworks. In Roth’s work, processes of abstraction can queer in the sense of an active verb - as scholar Lex Morgan Lancaster suggests - they can be camped, twisted, undermined or mutated1. Roth’s use of pink reclaims a color once coded as soft and non-threatening to associate it instead with an interior, muscly, resistant feeling. Abstraction can also be embraced in its impurity, with forms alluding to experiences, figures or overtly coded symbols. A reference to kitsch and one of the most ubiquitous shorthands to describe a range of feelings, the heart shape appears in various states of distortion. Abstraction can also be metaphorical, as ropes can point to kink and desire, and hooks can evoke pain and pleasure as they penetrate through layers of paint, like in Pierce (2025) or Sting for Pleasure (2025). Forms are not strictly pure nor obstinately non-representational, but rather mutate across registers to reclaim their ambiguity — an ambiguity for which Georgia O’Keeffe’s bodily, erotically inflected flowers offer a clear precedent. For Roth, the tug between desire and discomfort, seduction and the abject, merger and distinction offer a world where contradictory depictions of form and matter complicate these supposed binaries, opening up a space of queer possibility and radical imagination. Roth’s solo exhibitions and solo fair presentations include Velvet Nerve at Broadway Gallery, New York (2022); Victoria Roth at Brennan & Griffin, New York (2019); Off the Banks at Brennan & Griffin Gallery, New York (2017); Insides at Fan Kunstverein, Vienna (2017). Her work has been included in numerous group shows at various galleries and institutions including Of Flesh and Air at Galeria Marta Cervera, Madrid (2024); Summer Exhibition at Shin Gallery, New York (2024); Deep! Down! Inside! at Hales Gallery, New York (2023); Pizza at Kate Werble Gallery, New York (2023); Jahresgaben at Bonner Kunstverein, Bonn (2022); Intertwinedat 1960 Gallery in New York (2021); City Prince/sses at Palais de Tokyo in Paris (2019); The Pit Presents / Step Sister at The Pit, Los Angeles (2018); Furies at Helena Anrather, New York (2018); The Clear and The Obscure at Lulu, Mexico City (2016) and more. She received her MFA from Columbia University in 2014 and a BA in History of Art & Architecture and Visual Art from Brown University in 2008. In addition to her studio practice, Victoria Roth is an arts educator. ***** Emanuela Campoli a le plaisir d'annoncer When I Became You, la première exposition de Victoria Roth à la galerie. L'exposition rassemble un ensemble d'œuvres récentes qui explorent les notions d'abstraction queer et de désir, incarnées dans des formes biomorphiques changeantes qui chatouillent, gonflent, se tordent et transpercent. Les peintures de Roth délimitent des espaces affectifs où des images suggestives du corps sont saisies en plein devenir, laissant entrevoir un potentiel de métamorphose. When I Became You évoque la tension psychologique inhérente au fantasme de fusion – la promesse d'une plénitude côtoyant la peur d'une dissolution complète du soi. L'œuvre du même nom (2024) présente des formes charnues aux tons roses et violets incandescents qui se balancent à l'unisson dans un espace profond et furtif. Dans cette peinture austère aux formes, mouvements et couleurs en écho, on devine la transformation d'un être en un autre, exposant la nature fragile du « moi ». On pourrait se demander qui est le « toi » dans la phrase, quelle forme prend le dessus sur l'autre, ou quand la fusion cède la place à la séparation, mais aucune progression linéaire n'émerge, seulement des moments de dédoublement et de glissement entre deux entités parallèles. Une question peut également se poser autour du “quand” - les peintures de Roth semblent être le résultat d'un événement ou d'une expérience enregistrés au fur et à mesure de leur déroulement. Ses oeuvres comportent un élément de travail quotidien, qui se retrouve dans ses croquis détaillés et annotés, mais aussi dans ses titres indiquant un certain positionnement temporel, comme Today's Tickler (2025) ou Future Remedy (2025). Dans cette dernière, des membres rouges et allongés s'étirent autour d'une forme centrale ressemblant à un organe, laissant derrière eux des traces lâches et tachetées. Les formes se développent dans un espace disloqué qui semble irréel et expansif, avec des dégradés et des zones de vide qui rivalisent avec la lumière de l'écran. Cette œuvre imagine le sentiment, l'apparence et la signification de l'intimité dans un avenir qui pourrait élargir ce que le corps peut être et dépasser les cadres binaires ou même anthropocentriques. Dans l'œuvre de Roth, les processus d'abstraction peuvent être queer au sens d'un verbe actif - comme le suggère le chercheur Lex Morgan Lancaster - ils peuvent être campés, déformés, sapés ou mutés. L'utilisation du rose par Roth réhabilite une couleur autrefois considérée comme douce et inoffensive pour l'associer plutôt à un sentiment intérieur, musclé et résistant. L'abstraction peut également être acceptée dans son impureté, avec des formes faisant allusion à des expériences, des figures ou des symboles ouvertement codés. Référence au kitsch et l'un des raccourcis les plus courants pour décrire toute une gamme de sentiments, la forme du cœur apparaît sous divers états de distorsion. L'abstraction peut également être métaphorique, comme les cordes peuvent évoquer le désir et les crochets peuvent évoquer la douleur et le plaisir lorsqu'ils pénètrent à travers les couches de peinture, comme dans Pierce (2025) ou Sting for Pleasure (2025). Les formes ne sont ni strictement pures ni obstinément non figuratives, mais mutent plutôt à travers les registres pour retrouver leur ambiguïté — une ambiguïté pour laquelle les fleurs corporelles et érotiques de Georgia O'Keeffe offrent un précédent clair. Pour Roth, la tension entre le désir et le malaise, la séduction et l'abject, la fusion et la distinction offre un monde où les représentations contradictoires de la forme et de la matière compliquent ces binaires supposés, ouvrant un espace de possibilités queer et d'imagination radicale.