Marais, Paris
Pierre-Olivier Arnaud
Nouveaux Éléments
Art : Concept[Scroll down for French version / Veuillez trouver ci-dessous la version française] Art : Concept is pleased to present Pierre-Olivier Arnaud’s fifth solo exhibition. By inviting us to politicize our gaze and the medium of photography, Pierre-Olivier Arnaud’s work offers a reflection on images and their modes of production, dissemination, and consumption. His images stem from a practice of collecting photographs, particularly of advertising imagery found in magazines or public spaces. As witnesses to a society’s imagination and economy, these images—perhaps more than any others—question our desires and the intentions behind these representations. Pierre-Olivier Arnaud does not consider these images as series but as sets—constellations that can be presented in different arrangements. The varied subjects and formats are homogenized through a grayscale treatment, a “machine gray” that establishes coherence. Light, grid, print dots, framing, and colorimetry divert our attention from the subject and confront us with the image itself. Stripped of their context, the images reveal their inherent formal characteristics: composition, material, texture… The exhibition space becomes an environment in which to experience the presence and power of images. True to the artist’s established aesthetic language, a dozen prints—in the format of metro posters—are pasted directly onto the walls. Playing with repetition, displacement, rhythm disruption, and empty spaces, they blend into the exhibition space while introducing a fragment of the outside world. Other images are displayed in transparent A4 sleeves, fixed to the wall with a piece of colored tape. In contrast to the immobility of the large posters, they suggest spontaneity and the possibility of alternative combinations. In a shift from image to object, they evoke a return to reality and materiality. Oscillating between sublimation and desublimation, these new elements create a sense of uncertainty about the projections they offer. How can we rekindle desire, transform it, allow ourselves to be changed, and create a shared experience? The image becomes a prototype, a project in progress, a fantasy in a gray zone between the collapse of the modernist project and the promise of a future—a possible horizon “amidst this grayness.” —Ida Simon-Raynaud, Proofreading by Ginger Clark ***** Art : Concept a le plaisir de présenter la cinquième exposition de Pierre-Olivier Arnaud. En nous invitant à politiser le regard et la photographie, le travail de Pierre-Olivier Arnaud nous offre une réflexion autour des images, leurs modes de production, de diffusion et de consommation. Les images qu’il réalise sont issues d’une pratique de collecte photographique, en particulier d’images publicitaires prélevées dans les magazines ou dans l’espace public. Témoins de l’imaginaire et de l’économie d’une société, ces dernières interrogent peut-être plus que toutes autres nos désirs ainsi que les intentions que cherchent à susciter ces représentations. Pierre-Olivier Arnaud considère ces images non comme des séries mais comme des ensembles, des constellations pouvant être présentées selon différents agencements. Les sujets et les formats variés sont homogénéisés par un traitement en nuances de gris, un « gris machine » qui leur donne une cohérence. Lumière, trame, points d’impression, cadrage et colorimétrie détournent notre attention du sujet et nous installent face à une image. Privées de leur contexte, elles révèlent leurs caractéristiques formelles propres : composition, matériau, texture… L’espace d’exposition devient un environnement où éprouver la présence et la force des images. Fidèles au vocabulaire formel de l’artiste, une dizaine d’impressions au format des affiches de métro sont ici directement collées aux murs. Jouant sur la répétition, le décalage, la rupture du rythme et les espaces vides, elles s’intègrent dans l’espace d’exposition tout en y introduisant un peu du monde extérieur. D’autres images sont présentées dans des pochettes transparentes A4, collées au mur avec un morceau de scotch coloré. Contrastant avec l’immobilité des grandes affiches, elles laissent imaginer un geste spontané et la possibilité d’autres combinaisons. Dans un glissement de l’image vers objet, elles suggèrent un retour au réel et à une certaine matérialité. Oscillant entre sublimation et désublimation, ces nouveaux éléments suscitent un trouble quant à la projection qu’ils proposent. Comment réinsuffler du désir, le métamorphoser, se laisser transformer et fabriquer du commun ? L’image devient un prototype, un projet en devenir, un fantasme dans une zone grise entre effondrement du projet moderniste et promesse d’un lendemain, un horizon possible « au milieu de cette grisaille ». —Ida Simon-Raynaud
