Marais, Paris
Merlin Carpenter
Circuits
Palette Terre[Scroll down for French version / Veuillez trouver ci-dessous la version française] I finished the works a year ago in Berlin. These are not diagrams of social relations but drawings of the impossibility of such a diagrammatic depiction. They stay on the surface. In these drawings I wanted to present a graphic of a financial circuit, that is, a circuit of accumulation of capital. Things like sickening political shocks or rising temperatures might happen outside such a "value" circuit. But I propose that such externalities are both caused by the capitalist circuit, and also feed back in, albeit not directly. Populism, for example, tries to rise off the surface of the neo-liberal norm and take an aerial view. This is an illusion, it actually functions as a forcing agent: an effect that comes from beyond and suddenly wangles its way onto the main circuit board, via a transformer-like proximity or a short circuit. For example the working class suddenly agrees to worse conditions under the threat of something worse still. And surveillance is OK if it protects you against... something? What you hated yesterday gets welcomed in. Such an "outside" view, which could equally be another authoritarian movement, or a cult, or culture, falls like a shadow back onto the flat circuit, changing its arrangement. These effects are symptoms. The crazed profit system produces symptomatic side- effects which appear to have nothing to do with it, which become bandwagons to be jumped on. These reactions against the system become the turbo drivers of it. The symptomatic effects of capital are fed back in behind the backs of what is intended and further intensify the whole. Externalities perform inner functions, they can bully the flagging cycle into a reboot. Capital is a circuit of a contradictory nature; a surface level of inputs and outputs, but affected by a symptomatic penumbra, which explodes, enabling the primary "inner configuration" of labour value, which underlies it, to keep soldiering on. But the strange thing about the uncanny world we inhabit is that you cannot ever see the inner "real" configuration. You can only see it through the surface relations. The typical response seems to be to go bonkers and try and leave the economic behind. Unluckily this does not produce the intended effects, but further counter-effects that can be used to discipline us in moments of crisis. Even the "reality" of labour is an abstraction, a mediation. You can't "get to it", it can't even get to itself. But it is precisely in the effects of labour in cramped and perverted average profit rates that the true picture emerges. As Moishe Postone put it: "...social forms expressed by categories such as the commodity and value do not simply disguise the 'real' social relations of capitalism... rather the abstract structures expressed by those categories are those 'real' social relations." These structures are "...necessary forms of appearance of an 'essence' they both express and veil." Because of the necessity of examining such abstractions, oddly, a symptomatic reading of the circuit is actually useful. Far from being a symptom-like anger volcano that makes things worse, such a psychoanalytic reading would stay on the level of the business cycle, noticing the effects that pop onto the circuit board; attending to both the apparent levels and inner level of organisation and their sick interactions. It is possible to embrace an understanding of the symptom to sufficiently grasp the hidden real - the one we are hidden in ourselves - in order to read the circuit within the circuit. The obscured view is the unobscured view. —Merlin Carpenter, Brussels, March 5, 2020 ***** J'ai achevé ces travaux l'année dernière à Berlin. Il ne s'agit pas de diagrammes de relations sociales, mais de dessins traitant de l'impossibilité d'une telle représentation schématique. Elles restent à la surface des choses. Dans ces dessins, j'ai voulu représenter le circuit financier sous forme graphique, un circuit de l'accumulation du capital. Chocs politiques et crise climatique peuvent se produire hors d'un circuit de «valeur». Mais je suggère que de telles externalités sont causées par le circuit capitaliste, et le nourrissent en retour, quoique de manière indirecte. Le populisme, par exemple, tente de s'élever au dessus des normes néo- libérales pour adopter une vue aérienne. Il s'agit d'une illusion, car il sert d'agent de forçage : un signal venu d'ailleurs revient soudainement envahir le circuit principal, s'engouffrant via un court-circuit ou un transformateur. Par exemple, le prolétariat acceptera de pires conditions de travail, sous la menace d'un mal encore plus grand. Et la surveillance sera acceptée car elle vous protégera ... de quoi exactement? Ce que vous haïssiez hier est soudain accepté. Une telle vue «objective», qui pourrait aussi bien être un autre gouvernement autoritaire, une secte, ou une certaine culture, se rétracte telle une ombre, à plat sur le circuit, changeant son organisation. Ces effets sont des symptômes. Les effets secondaires que produit l'incontrôlable système de profit se manifestent comme des symptômes d'apparence spontanée, prêts à être exploités. Ces réactions contre le système en deviennent les catalyseurs. Derrière chaque bonne intention, les effets symptomatiques du capital sont réinjectés, renforçant chaque fois plus l'ensemble. Les externalités servent des fonctions internes, relançant une nouvelle fois un système à bout de souffle. Le capital est un circuit d'une nature contradictoire : un apparent système d'entrées et sorties de données, mais souffrant d'une pénombre symptomatique qui mène à l'accident cérébral. «La configuration interne» de la valeur-travail, dont elle est la cause, se relance alors, et poursuit sa route. Mais la nature étrange du monde que nous habitons fait que nous ne pouvons jamais observer cette «véritable» configuration interne. Celle-ci n'est observable qu'à travers des relations de surface. La réaction typique à ce phénomène semble s’y opposer jusqu’à en devenir dingue, pour abandonner à terme toute réflexion économique. Malheureusement, cela produit l'effet inverse de ce qui est espéré, et les conséquences seront utilisées pour mieux discipliner en moment de crise. Même la «réalité» du travail est une abstraction, une médiation. On ne peut pas «l'atteindre», elle ne peut même pas s'atteindre elle-même. Mais c'est précisément dans les effets du travail effectué pour des taux de profit minuscules et perverties qu'une image fidèle apparait. Selon Moishe Postone : «...Les formes sociales telles qu'exprimées par des catégories comme la marchandise ou la valeur ne masquent pas simplement les relations sociales ‘réelles’ sous le capitalisme... ce sont plutôt les structures révélées par ces catégories qui constituent les relations sociales ‘’réelles’’». Ces structures sont «les formes d’apparence nécessaires d’une ‘’essence’’ qu'elles expriment et voilent tout à la fois». Parce qu’il est nécessaire d'examiner de telles abstractions, bizarrement, une lecture symptomatique du circuit est en réalité utile. Loin d'être une éruption de colère contre- productive, une telle lecture psychanalytique resterait au niveau du cycle financier, observant les effets qui surgissent sur le circuit imprimé ; traitant à la fois les niveaux apparents et intérieurs d'organisation, et leurs interactions perverses. Il est possible d’accéder à une compréhension des symptômes afin de saisir suffisamment le réel caché – le réel caché en nous-mêmes – et lire ainsi le circuit dans le circuit. La vision obscurcie est la vision dégagée. —Merlin Carpenter, Bruxelles, 5 Mars 2020 Traduit par Paul Bonnet
