Jérôme Boccia — Souvenirs d'Oh !

Belleville, Paris

Jérôme Boccia

Souvenirs d'Oh !

,48 m²

23 February – 7 April 2025

[Scroll down for French version / Veuillez trouver ci-dessous la version française] How can we understand what we do not know? How do we imitate without having to freeze? How can we deceive the stimulated gaze and direct its attention towards new ideas? From visual impressions to mental representations, Souvenirs d'Oh ! is the echo of fluid contemplation. It is a verbal proposition. Here, the verb is action, like the gesture in motion that marks and reveals the hidden motifs that lie in the mind of the creator. The verb in thought is therefore nothing other than the gesture that traces and expresses an idea. Thinking of the verb in images means depicting the action in progress (sliding, breaking, rolling) where the subject physically moves through time and space. But here, movement is frozen, at a halt. And the Souvenirs d'Oh !, as they appear, are intended to evoke this state that was, inhabited by the gesture from which the motif is born, then evolves and finally freezes in the weave of the paper. In this way, the motifs, laid down on the mounted sheets, become the memory of a gaze animated by these visual phenomena, evolving in the natural environment. In this context, fluid contemplation is to be understood as an intimate and philosophical discourse inspired by phenomenological observation: it is a time for poetic reflection on the phenomenon of the refraction of light as it passes through liquid matter. If technique can restore the image of a memory, it can also speak of the gaze that retains the memory. So, painting a reflection or a ripple evokes the idea of apparent movement. This movement, in Souvenirs d'Oh ! is about water: water that circulates, that moves forward and wavers at the whim of obstacles, currents and the wind. And like the mind, water is fluid when the thought always runs free, while it stops and consolidates like the thought that crystallises, where the fixed idea arises. But here, in these contemplations, the water flows and moves forward without ever surrendering, neither blocked nor frozen at the foot of any idea. In the studio, technical experimentation is constant, and the craft's tools become an extension of the body in action. So, in the studio, I am constantly striving towards an organic form rich in sincere expression and fluid energy. And, driven by this need, it is towards a synaesthetic quest that I move forward, uninhibited, and create. Outside, I think of Barthes, Bergson, Husserl and Merleau-Ponty. I observe and think about the way they look at things and the questions that come to me. Then, like Bachelard, I dream, drowned in the flow of thoughts that arise, follow one another and link up. Souvenirs d'Oh ! is therefore a work of after-memory, a poem made up of images and a narrative extracted from gestures, as well as the expression of a naive wonder for what remains beautiful when the world goes up in flames and solastalgia surfaces. It is an expression of astonishment that resonates and escapes, like air bubbles that rise and rise and rise and then burst: Oh ! —Jérôme Boccia, translated by Michael Almeida Machado ***** Comment comprendre ce que l'on ne sait pas ? Comment imiter sans avoir à figer ? Comment tromper le regard stimulé et en diriger l'attention vers de nouvelles idées ? Des impressions visuelles aux représentations mentales, Souvenirs d'Oh ! est l'écho d'une contemplation fluide. C'est d'une proposition verbale dont il est question. Ici, le verbe est action, comme le geste en mouvement qui marque et révèle les motifs cachés, ceux qui gisent dans l'es-prit de qui crée. Le verbe pensé n'est donc rien d’autre que ce geste qui trace et qui exprime une idée. Penser le verbe en image, c'est figurer l'action en devenir (glisser, briser, rouler) où le sujet concerné évolue physiquement par le temps et l’espace. Mais ici, le mouvement est figé, à l'arrêt. Et les Souvenirs d'Oh !, tels qu'ils paraissent, souhaitent évoquer cet état qui a été, habité par le geste d'où le motif naît puis évolue et se fige, finalement, dans la trame du papier. Ainsi les motifs, couchés sur les feuilles marouflées, deviennent le souvenir d'un regard animé par ces phénomènes visuels, évoluant dans l'environnement naturel. Dans ce contexte, une contemplation fluide est à comprendre comme un discours inti-miste et philosophique inspiré d'une observation phénoménologique : elle est le temps d'une ré-flexion poétique sur le phénomène de réfraction de la lumière qui traverse la matière liquide. Si la technique peut restituer l'image d'un souvenir, elle peut également parler du regard qui en garde la mémoire. Alors, peindre un reflet ou une ondulation, c'est évoquer l'idée d'un mouvement apparent. Ce mouvement, dans Souvenirs d'Oh !, parle de l'eau : de l'eau qui circule, qui avance et qui flue au gré des obstacles, des courants et du vent. Et comme l'esprit, l'eau est fluide quand la pensée court toujours libre, tandis qu’elle s'arrête et se consolide comme la pensée qui se cristallise, là où surgit l'idée fixe. Mais ici, dans ces contemplations, l'eau coule et avance sans jamais se rendre, ni bloquée ni figée au pied d’une quelconque idée. Dans l'atelier, l'expérimentation technique est constante et les outils du métier se font ex-tension du corps en action. Alors, dans l'atelier, je tends continûment vers une forme organique riche d'une expression sincère et d'une énergie fluide. Et, entraîné par cette nécessité, c'est vers une quête synesthésique que j'avance, désinhibé, et que je crée. Dehors, c'est à Barthes, à Bergson, à Husserl et Merleau-Ponty que je pense. J'observe et je songe au regard qu'ils portent et aux questions qui me viennent. Puis, comme Bachelard, je rêve, noyé dans le flux des pensées qui surgissent, qui se suivent, qui s'enchainent. Souvenirs d'Oh ! est donc ça, un travail d'après-mémoire, un poème fait d'images et un récit extrait de gestes, ainsi que l'expression d'un émerveillement naïf pour ce qu’il reste de beau quand le monde s'embrase et que la solastalgie fait surface. C'est l'expression d'un étonnement qui résonne et s'échappe, comme s'échappent ces bulles d'air qui remontent et remontent et remontent puis éclatent : Oh ! —Jérôme Boccia

Visit

30 rue des Envierges

Paris, NY

Gallery website