Marais, Paris
Lauren Satlowski
Amateurs of Time, Epicures of Duration
Micki Meng[Scroll down for French version / Veuillez trouver ci-dessous la version française] Vacillating between cursed objects and fragmented subjects, the figures populating Lauren Satlowski’s Amateurs of Time, Epicures of Duration are hellbent on unmooring the signifying process. Otherwise references—drafts, models, studies, sketches—compose self-aware pseudo-subjects in undetermined states. Enacting various temperaments of work’s daily grind, the deconstructed prototypes fall from a status of inspiration, as banality, absurdity, and anxiety set in. Whether rendered on transparencies or flipped to reveal an unruly verso, Satlowski’s semi-ambiguous characters lay their construction bare, not only exposing the conditions of their creation but reveling in their drift between familiar and strange. As the unstable surrogates face their voids, their partial selves continue to unravel. Subjecthood is further negotiated in obscuring their faces—transforming sites meant to be 'read' into territories of alienation where the self becomes othered. This subject/object rift reveals a hidden necessity for the unknowable in everyday awareness—an unawareness crucial to psychic survival. Stark contrasts of light and shadow underscore this notion, providing contour and form to an otherwise inundation of fully illuminated consciousness. Composed with sculptural sensibility, skulls, dolls, and sketches of amorphic faces test the plasticity of being. Moments of misrecognition open signifiers to interpretation, rousing curiosity by eschewing the closed loop of resolved meaning. Taped to a wall, a baggie zipped full of water recreates the infamous age illusion, ‘my wife and my mother-in-law’. Stimulating the modularity of perception and identity, we catch glimpses of our own affects—assigning the plastic bag and permanent marker with a complex interior life. As parched and viscous residues inflect objects with glossy clarity and matte aridity inturn, the surfaces diverge more than guide. Operating under the concept of what Svetlana Boym describes as "reflective nostalgia," the characters presuppose an inevitable distortion of the past as viewed through the present. In this vein, they embody the duality of reflective nostalgia; the seduction of illusion paired with disillusionment, home coupled with displacement, a romantic fantasy of reunion combined with an underlying sense of longing. Marked by irony, humor, and inconclusiveness, they open the past to new potentialities. Replacing any notation of origin with more pastiche, the subjects ignore traditional measurements of time, freely luxuriating in their own temporal textures. In Amateurs of Time, Epicures of Duration, pace is an ever-present specter. Interrogating forces that warp time’s passage, the impulse of a sketch grinds against meticulous rendering of paint. The protagonists fixate on their own realization, ruminating on the speed of an idea in space. Daily efforts transform immediate streams of consciousness into something slow and deliberate. As a force accelerates and halts throughout the exhibition, inertia collapses into static vastness, suspending figures in deep, uncertain space. Caught between being and non-being, the proxies confront temporality and the many moods that compose one’s own mortal coil. Lauren Satlowski lives and works in Los Angeles. She received an MFA from Cranbrook Academy of Art (2013) and a BFA from Wayne State University (2009). Her work has been exhibited internationally throughout Europe, Asia and the United States, most recently in the group exhibitions Mad Monk at Micki Meng, New York; Present 23 at the Columbus Museum of Art, Columbus; When The Sun Loses Its Light at Blum & Poe, Los Angeles. Satlowski has held solo exhibitions at Office Baroque in Antwerp; Bel Ami, DM Office, Paris, and Odd Ark in Los Angeles. Her work is in the permanent collections of the Los Angeles County Museum of Art, ICA Miami, and the Columbus Museum of Art. ***** Oscillant entre objets maudits et sujets fragmentés, les figures qui peuplent l’exposition Amateurs of Time, Epicures of Duration (Amateurs de temps, épicuriens de la durée) de Lauren Satlowski s’acharnent à débrider le processus de signification. Diverses références – ébauches, modèles, études, esquisses – composent de pseudo-sujets conscients d’eux-mêmes dans des états indéterminés. Incarnant différentes natures du labeur quotidien, les prototypes déconstruits perdent leur statut d’inspiration à mesure que la banalité, l’absurdité et l’anxiété s’installent. Représentés sur des transparents ou retournés pour révéler un verso tourmenté, les personnages énigmatiques de Lauren Satlowski mettent leur architecture à nu, exposant les conditions de leur création tout en savourant leur dérive entre le familier et l’étrange. Alors que les instables figures substitutives présentées font face à leur vacuité, leurs moi partiels continuent de se décomposer. Leur statut de sujet est encore diminué par l’obscurcissement des visages, transformant des lieux destinés à être « lus » en territoires d’aliénation où le moi devient étranger. Cette rupture entre sujet et objet révèle la nécessité cachée de l’inconnaissable dans la conscience quotidienne - une ignorance cruciale pour la survie psychique. Les contrastes marqués entre la lumière et l’ombre soulignent cette notion, donnant contour et forme à ce qui serait sinon un torrent de conscience pleinement illuminée. Composés avec une sensibilité sculpturale, les crânes, les poupées et les esquisses de visages amorphes mettent la plasticité de l’être à l’épreuve. Les moments d’incompréhension ouvrent les signifiants à l’interprétation, éveillant la curiosité en évitant la boucle fermée du sens trouvé. Collé au mur, un sac rempli d’eau recrée la sordide illusion de la jeunesse: My wife My Mother In Law. Invoquant la modularité de la perception et de l’identité, nous entrevoyons nos propres affects et attribuons au sac en plastique et au marqueur permanent une vie intérieure complexe. Alors que des résidus desséchés et visqueux infléchissent les objets, leur conférant tour à tour une clarté brillante et une aridité mate, les surfaces divergent plus qu’elles ne guident. Fondés sur le concept de ce que Svetlana Boym appelle la « nostalgie réfléchie », les personnages présupposent une distorsion inévitable du passé vu à travers le présent. Ce faisant, ils incarnent la dualité de la nostalgie réfléchie : la séduction de l’illusion associée à la désillusion, le foyer associé au déplacement, un fantasme romantique de retrouvailles associé à un sentiment latent de mélancolie. Marqués par l’ironie, l’humour et l’incertitude, ils ouvrent le passé à de nouvelles potentialités. Remplaçant toute indication d’origine par le pastiche, les sujets ignorent les mesures traditionnelles du temps, se complaisant en toute liberté dans leurs propres textures temporelles. Dans Amateurs of Time, Epicures of Duration, le rythme est un spectre omniprésent. Interrogeant les forces qui déforment le passage du temps, la spontanéité du croquis se heurte à la méticulosité de la peinture. Les protagonistes se concentrent sur leur propre réalisation, ressassant la notion de la vitesse d’une idée dans l’espace. Les efforts quotidiens transforment les flux de conscience immédiats en quelque chose de lent et de délibéré. L’exposition est traversée par une force qui tantôt s’accélère tantôt s’immobilise, et l’inertie s’effondre dans une immensité statique, suspendant les personnages dans un espace abyssal et incertain. Pris entre l’être et le non-être, les succédanés se confrontent à la temporalité et aux multiples humeurs qui composent l’enveloppe mortelle. Lauren Satlowski vit et travaille à Los Angeles. Elle a étudié aux beaux-arts de la Cranbrook Academy of Art (2013) et à la Wayne State University (2009). Son travail a été exposé internationalement en Europe, en Asie et aux États-Unis. Récemment, il a fait partie d’expositions collectives significatives, comme Mad Monk chez Micki Meng, New York ; Present 23 au Columbus Museum of Art, Columbus ; When The Sun Loses Its Light chez Blum & Poe, Los Angeles ; et My Secret Garden à l’Asia Art Center, Taipei. Satlowski a bénéficié d’expositions individuelles à Bel Ami, DM Office Paris, Odd Ark et Embassy à Los Angeles, ainsi qu’au Wasserman Projects à Detroit. Ses œuvres font partie des collections permanentes du Los Angeles County Museum of Art, de l’ICA Miami, du Columbus Museum of Art et du X Museum, à Pékin.
