Lee Ufan — Response

Matignon, Paris

Lee Ufan

Response

Mennour

20 October – 23 November 2025

[Scroll down for French version / Veuillez trouver ci-dessous la version française] Lee Ufan has been following his own path for more than six decades, uninterested by the successive obsessions of his fellow contemporary artists. From his very first works, a few foundational principles were established and have remained unchanged since. In sculpture: the simplicity of the volumes and the use of few materials, natural or human, such as eroded rocks, metal plates, or glass. In painting: the simplicity of the shapes, laid down and repeated on the canvas, of which, for a long time, the artist used only a narrow selection of colours. In a world saturated with images of all origins that inspire mistrust, this restriction of means is to visual arts what a retreat was in the past to ordinary life: a deliberate break and the creation of a place for reflection, silence and contemplation. In him, there is something of the hermit and the poet. In his writings, this inner necessity is immediately perceptible, as much as the range of his philosophical references. Those lines could have been written a long time ago, at the time of the series From Point and From Line, for these are the fundamental characteristics of his oeuvre. But with the first Correspondances, from 1991-1992, Lee Ufan’s painting began to change. Though the canvas remains white, the forms have become larger and denser. The brushes deposit oblong touches, fringed at times with a light foam of paint. From edge to edge, they offer variations of greys, from the very dark to the almost transparent. Sometimes a single shape is placed at the centre of the canvas. Sometimes there are two, three or more, spread out on the surface. In that case, their situations in relation to one another generate sensations of space and movement, as at the time of his series From Winds and With Winds, but with other pictorial solutions, more restrained. That is the case with the series Dialogue, whether the paint is on the canvas or on the wall. The most recent works, of which many are called Response, are not made differently: one or several separated forms on white— however, these ones welcome colour. In the same way as the grey moved from darkness to paleness, the blue and the red, in their whole intensity at the centre of the form, are absorbed by the darkness on one edge and by the light on the opposite edge. The colour disappears, swallowed by a progressive darkening that almost turns into black and, symmetrically, is eaten up by a whiteness increasingly blinding. Whether the shape is vertical or horizontal, the progression from light to darkness inexorably takes place. When it comes closer, the eye perceives the undulatory movements of the touch that accentuate the sensation of life. Neither the colour nor the form is stable, and nor is the space, for its frontal aspect is disturbed by that chromatic phenomenon. Lee Ufan finds here, again and in a different manner than previously, how to mark and make perceptible the passing of time. There is the time of the artist, that of pictorial creation, and its realisation that leaves its light traces in the movements of the colour, which are those of the hand and the wrist of the painter. There is the time of the viewer, whose gaze follows those vibrant lines along chromatic shifts, and at that moment, exits the ordinary temporality of daily life, that of our oppressive present—a moment of contemplation that makes us more intensely alive. “The life of a work of art, the artist wrote in 2012, is a transcendent sensation. That life weaved by the artwork is deeply embedded in the order and complex principle of repetition that connects it to the universe, the waves and breaths. That is what’s beyond the self, other, and has to do with universal life.” The art in this exhibition, intensely alive, reveals surprising recent paintings, acrylics, and watercolours. The shapes, with their changing colours, seem to glide against each other and, at times, come together in convergence. Simultaneously, the colour scheme contains shades previously missing, mineral or marine. Lee Ufan’s work is, once again, heading in a new direction. —Philippe Dagen ***** Lee Ufan suit sa voie, depuis plus de six décennies. Les engouements successifs de ses contemporains ne l’intéressent pas. Dès ses premiers travaux, quelques principes étaient déterminés et n’ont pas varié depuis. En sculpture, c’est la simplicité des volumes et l’emploi de peu de matériaux, naturels ou humains, rochers érodés et plaques de métal ou de verre. En peinture, c’est aussi la simplicité des formes posées et répétées sur la toile et ce fut, longtemps, l’emploi d’un nombre restreint de couleurs. Dans un monde saturé d’images de toutes origines qui inspirent la méfiance, cette restriction des moyens est aux arts visuels ce qu’une retraite était autrefois à la vie ordinaire : une rupture délibérée et la création d’un lieu pour la réflexion, le silence et la contemplation. Il y a de l’ermite et du poète en lui. Dans ses écrits, cette nécessité intérieure est immédiatement sensible, autant que l’étendue de ses références philosophiques. Ces lignes, on aurait pu les écrire il y a longtemps déjà, à l’époque des séries From Point et From Line, car ce sont les caractères fondamentaux de son œuvre. Mais, à partir des premières Correspondances de 1991-1992, la peinture de Lee Ufan change. Si la toile demeure blanche, les formes deviennent plus larges et plus denses. Les brosses déposent des touches oblongues, ourlées parfois d’une légère écume de peinture. Elles déclinent d’un bord à l’autre des variations de gris, du très sombre au presque transparent. Tantôt une forme seule se place au centre de la toile. Tantôt, elles sont deux, trois ou plus nombreuses, réparties sur la surface. Dans ce cas, leurs situations les unes par rapport aux autres suscitent des sensations d’espace et de mouvement, comme au temps de ses séries From Winds et With Winds, mais avec d’autres solutions picturales, plus retenues. Il en est ainsi de la série Dialogue, que la peinture soit sur la toile ou sur le mur. Les œuvres les plus récentes, dont beaucoup sont nommées Response, ne sont pas composées autrement : une ou plusieurs formes séparées sur le blanc. Mais elles accueillent la couleur. De même que le gris allait de l’ombre à la pâleur, le bleu ou le rouge, dans toute leur intensité au centre de la forme, sont absorbés par l’ombre sur un bord et par la lumière sur le bord opposé. La couleur disparaît alors, engloutie par un assombrissement progressif qui va presque jusqu’au noir et, symétriquement, dévorée par une blancheur de plus en plus aveuglante. Que la forme soit verticale ou horizontale, le passage de la lumière à l’ombre s’accomplit inexorablement. Quand il se rapproche, l’œil perçoit les mouvements ondulatoires de la touche, qui accentuent la sensation de vie. Ni la couleur, ni la forme ne sont stables. Et pas plus l’espace, car la frontalité est perturbée par ce phénomène chromatique. Lee Ufan trouve ici, à nouveau et autrement que précédemment, comment inscrire et faire sentir le passage du temps. Il y a le temps de l’artiste, celui de la création picturale et de son accomplissement, qui laisse ses traces légères dans les mouvements de la couleur, qui sont ceux de la main et du poignet du peintre. Il y a le temps de celle ou de celui dont le regard suit ces lignes vibrantes le long de ces glissements chromatiques et, à ce moment, s’extrait de la temporalité ordinaire du quotidien, celle de notre présent accablant. Ce moment est celui d’une contemplation qui rend plus intensément vivant. « La vie d’une œuvre d’art, écrivait l’artiste en 2012, est une sensation transcendante. Cette vie tressée par l’œuvre s’insère en profondeur dans l’ordre et le principe complexe de la répétition qui la connecte avec l’univers, les ondes et les souffles. Voilà ce qui est au-delà de moi, autre, et qui relève de la vie universelle. » Vivant, cet art l’est à tel point que l’exposition révèle des peintures toutes récentes, acryliques et aquarelles, qui surprennent. Les formes aux couleurs changeantes semblent glisser les unes contre les autres et, parfois, se réunissent. Simultanément, le chromatisme admet des nuances jusqu’alors absentes, minérales ou marines. Les œuvres de Lee Ufan s’en vont dans une direction nouvelle, une fois encore. —Philippe Dagen Né en 1936 en Corée, Lee Ufan vit et travaille principalement à Paris et à Kamakura, Japon. Il est le principal théoricien et artiste du mouvement Mono-Ha (« L’école des Choses ») au Japon. Son travail a été exposé dans le monde entier, au sein d’institutions telles que le Jeu de Paume, Paris ; le Centre Pompidou-Metz, France ; la Serpentine Gallery, Londres ; les Musées royaux des beaux-arts de Belgique, Bruxelles ; le Rijksmuseum, Amsterdam ; la Hamburger Bahnhof, Berlin ; le Kunstmuseum Bonn, Allemagne ; le Musée Städel, Francfort, Allemagne ; la Dia Beacon, le Metropolitan Museum et le Guggenheim Museum, New York ; le Hirshhorn Museum and Sculpture Garden, Washington DC ; le Musée de l'Ermitage, Saint-Pétersbourg ; le Musée d'art de Yokohama, Japon ; le Musée national d'art moderne et contemporain, Séoul ; et lors d'événements parmi lesquels les Biennales de Venise (2007, 2011), Gwangju (2000, 2006), Shanghai (2000), Sydney (1976), São Paulo (1973) et Paris (1971). En 2014, Lee Ufan a été convié à investir le parc et le Château de Versailles pour une exposition personnelle. Il a reçu le Praemium Imperiale de peinture en 2001 et le Prix de l'UNESCO en 2000. En 2010, le musée Lee Ufan a ouvert ses portes au Benesse Art Site, à Naoshima, au Japon. En avril 2022, l'artiste a inauguré sa nouvelle fondation Lee Ufan Arles, installée dans l'Hôtel Vernon.

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28 av Matignon

Paris, NY

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