Germain, Paris
Duke Riley
Baigné de Vos Langueurs
Georges-Philippe et Nathalie Vallois[Scroll down for French version / Veuillez trouver ci-dessous la version française] The Ocean, long perceived as vast territory of adventure and freedom, is now the crucible for a globalized, overexploited, and polluted economy. For his first solo show at Galerie GP & N Vallois, Duke Riley takes us along on a trip through his maritime world, where the ocean is a vessel for the transmission of a modern and militant mythology in which legends, sailor tattoos, mistreated mermaids and an injured environment mingle. In Baigné de vos langueurs, the American artist creates a dialogue between maritime folklore and ecological emergency. Each work becomes the fragment of a contemporary myth, where the sea, concurrently nurturing and jeopardized, serves as a guiding thread. His series of mosaics, created from refuse recovered from the sea – plastic fragments, cigarette butts, lighters, seashells – first evoke artisanal compositions, whose symmetry and colors evoke Latin American embroidery. However, as the gaze focuses, the beauty of the composition shatters: polluting materials supplant pearls and shells, like a visual fable on the transformation of oceans. In works such as Order from Prescription History or Amoco Cadiz, Riley displays the duality between a seafaring aesthetic and the sullying of the waters, exhibiting a demoralizing truth. Trained as a tattoo artist, Duke Riley continues to ‘trace’ surfaces – no longer bodies, but trivial objects: bottles, flasks, cassette tapes, or jerricans. These hybrid artefacts often found floating on the ocean surface, materialized in the Poly S. Tyrene Memorial Maritime Museum series, employ the emblems of traditional tatooing: anchors, mermaids, ships, pierced hearts, these symbols take on political and poetic meanings. As though each object, retrieved from the waves, bore a new story. He extends this practice to paper, working on his compositions in the same way a tattoo artist prepares a motif before etching it into the skin. His past, intrinsically linked to his activism, permeates the entirety of his oeuvre. With humor and gravitas, Duke Riley forges an ecological and popular mythology, feeding equally upon pop culture and maritime beliefs. His inventions summon the ghost of Popeye, as well as the dying echoes of a world suffocating beneath its own refuse. Duke Riley has presented solo exhibitions at the Brooklyn Museum, the Queens Museum of Art, the moCa Cleveland, the Havana Biennial, the Sydney Biennale, the Mercosul Biennial, and Philagrafika. More recently, he was the subject of a major retrospective at the Virginia Museum of Contemporary Art. His works are included in the permanent collections of the National Gallery of Art, the Whitney Museum, the Brooklyn Museum, and the Museum of Fine Arts, Boston. Riley divides his time between his studio at the Brooklyn Navy Yard – where he continues to raise pigeons – and a studio on a boat in Rhode Island, where he collects ocean plastic. ***** L’océan, vaste territoire longtemps perçu comme un espace d’aventure et de liberté, est désormais le réceptacle d’une économie mondialisée, surexploitée et polluée. Pour sa première exposition personnelle à la Galerie GP & N Vallois, Duke Riley nous entraîne dans son univers maritime, utilisant l’océan comme un outil de transmission d’une mythologie moderne et militante, où se mêlent légendes, tatouage de marins, sirènes maltraitées et environnement abusé. Dans Baigné de vos langueurs, l’artiste américain fait dialoguer le folklore marin et les urgences écologiques. Chaque œuvre devient un fragment de mythe contemporain, où la mer, à la fois nourricière et menacée, sert de fil conducteur. Sa série de mosaïques réalisées à partir de matériaux récupérés dans l’océan - fragments de plastique, mégots, briquets, coquillages - évoque d’abord des compositions artisanales, dont la symétrie et les couleurs rappellent les broderies latino-américaines. Mais à mesure que l’œil s’approche, la beauté du motif se fissure : les matériaux polluants remplacent les perles et les coquillages, comme une fable visuelle sur la transformation des océans. Dans des œuvres telles que Order from Prescription History ou Amoco Cadiz, Riley expose cette dualité: l’esthétique du marin et la laideur de ce que l’homme y déverse, dépictant une vérité démoralisante. Tatoueur de formation, Duke Riley continue de “marquer” les surfaces - non plus des corps, mais des objets triviaux : bouteilles, flacons, cassettes, bidons, artefacts hybrides flottant entre deux eaux, réunis dans la série The Poly S. Tyrene Memorial Maritime Museum. Reprenant les emblèmes du tatouage traditionnel : ancres, sirènes, bateaux, cœurs percés, il se réapprooprie ces symboles pour servir de message politique et poétique. Comme si chaque objet, arraché à la mer, portait à nouveau une histoire, à la manière des scrimshaws, ces os de cétacés gravés par les marins des baleiniers au XIXème siècle. L’artiste étend cette pratique sur papier, travaillant ses compositions comme un tatoueur prépare son motif avant de le graver dans la peau. Son passé, indissociable de son engagement, infuse l’ensemble de son œuvre. Avec humour et gravité, Duke Riley compose une mythologie écologique et populaire, nourrie de culture pop autant que de croyances maritimes. On croise dans son imaginaire les fantômes de Popeye, mais aussi les échos d’un monde englouti sous ses propres déchets. Ses œuvres, à la fois bricolées et précieuses, redonnent forme à un folklore perdu - celui d’une humanité autrefois en dialogue avec la mer, devant aujourd’hui réparer ses naufrages. Duke Riley a présenté des expositions individuelles au Brooklyn Museum, au Queens Museum of Art, au MOCA Cleveland, à la Biennale de La Havane, à la Biennale de Sydney, à la Biennale de Mercosul, à Philigrafika, et plus récemment, a bénéficié d’une grande rétrospective au Virginia Museum of Contemporary Art. On retrouve ses œuvres dans les collections permanentes de la National Gallery of Art, du Whitney Museum, du Brooklyn Museum et du Museum of Fine Arts Boston. Riley partage l’année entre son studio dans le Brooklyn Navy Yard où il élève encore des pigeons et celui sur son bateau à Rhode Island où il collecte le plastique océanique. —Hugo Poulaillon
