Belleville, Paris
Ellande Jaureguiberry
Training and the Opposite
,48 m²[Scroll down for French version / Veuillez trouver ci-dessous la version française] 22,48 m2 is pleased to present Training and the Opposite, Ellande Jaureguiberry’s first solo exhibition. This exhibition brings together drawings and ceramics exploring the concept of physical effort and the various forms of the body that result from it. Muscle is used here to symbolise a fragility that contrasts with the vitality traditionally attributed to it. This fragility is reflected in the materials used, particularly paper. The fragmented bodies that populate these works also emphasize the importance of rest in the process of construction and deconstruction. This idea is expressed through techniques such as cutting, collage, the creation of ceramics, and the design of furniture dedicated to rest, such as chairs. Ellande’s universe is inspired by the vocabulary of science fiction and a form of animist spirituality, which is expressed in her sculptures. The drawings contribute to the creation of a composite landscape from which the sculptural material seems to emerge.scape from which the sculptural material seems to emerge. This exhibition is produced with the support of the Centre National des Arts Plastiques. "This is a state of soul vacancy, a time when the flies are chirping along with the brain. You realise that thinking is not such a good thing, and you give new meaning to the notion of pastime. After sport, the eyes wander from one pond to another. Bodies are washed and brightened, like the blue eyes of an old lady on the brink of death. These people seem stunned by the world, like a dazzled chick emerging from its shell. Everything is perfectly naked, smooth and hygienic. The non- events unfold seamlessly, without a crease, in a calm, safe rhythm. After all the fun, the physical performance and perhaps the competition, comes a new life of loneliness, an existence of aching, swollen gestures. The sociability associated with exercise is shattered. For Ellande Jaureguiberry, it is in this latency that the strength of laziness lies. The rest that follows the effort is not so much a well-deserved reward as the moment when the body contemplates the environment in which it has deployed itself. In a letter to a childhood friend, Marcel Proust wrote «I am just a neutral body», reflecting the emergence of a culture of sport, leisure and entertainment at the dawn of the 20th century. In such a society, where he detected le temps perdu , the author saw his body as a blank canvas, malleable to his will and perfectly disposed. As with Ellande Jaureguiberry, the same energy applies to the body as a theatre, which can be carved up, unfurled, inhabited or folded away like a stage. Also, behind the undulating partitions and gaping interstices, other scenes are being played out: the drawings and ceramics are the product of the living spectacle and its unconcealed engineering. Around it, the body recognises its own vitality: ersatz penises, tongues, nipples and navels attach themselves to the shapes like piercings; full, lustrous fruits roll under the soles of the feet or hang from a limpid sky. The shivers of muscle embrace the arabesques of ornaments: in this open setting, the amateur athletes make no distinction between body and scenery. So much so that the human anatomy, in all its diversity and anonymity, becomes an architectural motif in the same way as elements of decorative furniture. The disciplined hair, plump stomachs and slender arms harmonise with the inner languor of peripatetic users. In 15th-century manuscripts and incunabula, the theme of the «Children of the Planets» emphasises the sport of the Greeks and Romans in the light of their fascination with Arab astrology, and situates each activity under the sign of a planet. The sun, in particular, is associated with athletes in this iconography, as the chariot that drives it is pulled by shot-putters and jugglers. This relationship, which is also emotional and imaginary, finds a particular echo in the exhibition “Training and the Opposite”, where the celestial bodies are invited into the intimacy of the hammam and the sentō to allow a cosmogonic reading of the body. Under the stars and the sun, inaction and superfluous attachments carry on a discussion with the sacred that was interrupted too soon: numb fingers also have a form of grace." —Elora Weill-Engerer The origins of Ellande Jaureguiberry’s research can be traced back to his years studying at the École supérieure d’arts et médias de Caen, where he graduated in 2016. Although each medium has its own existence, at his exhibitions his drawings and sculptures are in harmonious dialogue with each other. Ceramic rods are recurring motifs in his works on paper. They include fruits, flowers and branches, as well as parts of the human body such as tongues, torsos, ears and hands. The artist’s work is characterised by precise lines and attention to detail, giving these elements a symbolic richness that evokes reproductive systems and life paths. These elements give rise to an exploration of the interplay of frame and plane, as well as subtle trompe-l’œil. Recently, the artist has taken a step back and taken stock of his work: «I’m now returning to vaporous, slightly murky backgrounds, reminiscent of my early black and white drawings. This time, however, they are adorned with colour. It’s a natural progression in my artistic career. » ***** 22,48 m² a le plaisir de présenter Training and the Opposite, la première exposition personnelle d'Ellande Jaureguiberry. Cette exposition réunit des dessins et des céramiques explorant la notion de l'effort physique et les multiples formes de corps qui en découlent. Le muscle est ici utilisé pour symboliser une fragilité en contraste avec la vitalité qui lui est traditionnellement attribuée. Cette fragilité se reflète dans les matériaux employés, notamment le papier. Les corps fragmentés qui peuplent ces œuvres mettent également en avant l'importance du repos dans le processus de construction et de déconstruction. Cette idée est exprimée à travers des techniques telles que le découpage, le collage, la création de céramiques, ainsi que la conception de meubles dédiés au repos, tels que des chaises. L'univers d’Ellande s'inspire du vocabulaire de la science-fiction et d'une forme de spiritualité animiste, qui se manifeste à travers les sculptures. Les dessins, quant à eux, contribuent à créer un paysage composite d'où semble émerger la matière sculpturale. L'exposition sera accompagnée d'un texte d'Elora Weill-Engerer. "C’est la vacance de l’âme, un moment où les mouches nasillent de concert avec le cerveau. On s’aperçoit que penser, ce n’est pas une bonne chose et on redonne du sens à la notion de passe-temps. Après le sport, le regard erre d’un bassin à l’autre. Les corps s’y lavent et s’y éclaircissent comme les yeux bleus d’une vieille dame au seuil de la mort. Ces personnes semblent abasourdies face au monde, comme un poussin ébloui au sortir de sa coquille : tout est parfaitement nu, lisse et hygiénique. Les non-évènements se déroulent sans un heurt, sans un pli, dans un rythme calme et sûr. Après l’activité ludique, la performance physique et peut-être la compétition, s’ouvre une nouvelle vie, empreinte de solitude, une existence aux gestes encore endoloris et tuméfiés. La sociabilité liée à l’exercice est rompue. Pour Ellande Jaureguiberry, c’est dans cette latence que se loge la force de la paresse : le repos qui suit l’effort n’est pas tant une récompense bien méritée que l’instant où le corps contemple l’environnement dans lequel il s’est lui- même déployé. Dans une lettre à son ami d’enfance, Proust écrit « Je ne suis qu’un corps neutre », témoin, à l’aube du XXe siècle, de l’émergence de la culture du sport, du loisir et du divertissement. Dans cette société dont il décèle le temps perdu, l’auteur voit son corps comme un terrain vierge, malléable à souhait et dispos. Il en va, chez Ellande Jaureguiberry, de cette énergie du corps-théâtre, qui se découpe, se déploie, s’habite ou se replie comme une scénographie. Aussi, derrière les refends ondoyants et les interstices béants, d’autres scènes se jouent : le dessin et la céramique procèdent du spectacle vivant et de son ingénierie non dissimulée. Autour de lui, le corps reconnait sa propre vitalité : des ersatz de verges, de langues, de mamelons et de nombrils s’arriment aux formes comme des piercings ; des fruits pleins et lustrés roulent sous la plante des pieds ou se suspendent à un ciel limpide. Les frissons du muscle épousent les arabesques des ornements : dans cette scène ouverte, les athlètes en dilettante ne font en effet pas de différence entre corps et décor. Si bien que l’anatomie humaine, dans sa diversité et son anonymat, devient un motif architectural au même titre que les éléments du mobilier décoratif. Les poils disciplinés, les ventres rebondis et les bras graciles s’harmonisent avec la langueur intérieure des usagers du péripate. Dans les manuscrits et incunables du XVe siècle, le thème des « Enfants des planètes », valorise le sport des Grecs et des Romains à l’aune d’une fascination pour l’astrologie arabe et place chaque activité sous le signe d’une planète. Le soleil, particulièrement, se voit associé dans cette iconographie aux athlètes, puisque le char qui le conduit est tiré par des lanceurs de poids et des jongleurs. Cette filiation qui est aussi affective et imaginaire trouve un écho particulier dans l’exposition « Training and the Opposite », où les astres s’invitent dans l’intimité du hammam et du sentō pour permettre une lecture cosmogonique du corps. L’inaction et l’accessoire superflu poursuivent sous les étoiles et le soleil une discussion interrompue trop tôt avec le sacré : les doigts gourds ont aussi une forme de grâce." —Elora Weill-Engerer L’origine de la recherche d’Ellande Jaureguiberry remonte à ses années d’études à l’École supérieure d’arts et médias de Caen, où il a obtenu son diplôme en 2016. Bien que chaque médium ait sa propre existence, lors de ses expositions, ses dessins et sculptures dialoguent harmonieusement entre eux. Les boudins de céramique se révèlent être des motifs récurrents dans ses œuvres sur papier. On y retrouve des fruits, des fleurs, des branches, ainsi que certaines parties du corps humain, telles que les langues, les torses, les oreilles, les mains, entre autres. Le trait précis et le souci du détail caractérisent le travail de l’artiste, conférant à ces éléments une richesse symbolique, évoquant des systèmes reproductifs et des chemins de vie. Ces éléments donnent lieu à une exploration des jeux de cadre et de plan, ainsi qu’à des trompe-l’œil subtils. Récemment, l’artiste a pris du recul et effectué un bilan de son travail : «Je reviens aujourd’hui à des fonds vaporeux et légèrement troubles, rappelant ceux de mes premiers dessins en noir et blanc. Cependant, cette fois-ci, ils se parent de couleurs. Cela représente une évolution naturelle dans mon parcours artistique.»
