Marais, Paris
Michel Blazy
Michel Blazy
Art : Concept[Scroll down for French version / Veuillez trouver ci-dessous la version française] For more than thirty years, Michel Blazy has been questioning our relationship to matter, time, and living things. Since the early 1990s, he has been creating sculptures from everyday and perishable materials—fruit, moss, mushrooms, mold, food items—transforming the exhibition space into a living environment in constant metamorphosis. For this new exhibition, Michel Blazy transposes one of his most emblematic installations, Mur de double concentré de tomate, to a domestic scale. Originally spread directly on the gallery walls, the tomato concentrate is here applied to a 100 x 100 cm and a 150 × 150 cm plaster panels. The industrial product undergoes its natural evolution, with green and yellow stains appearing across a red background. After a drying period, which stops the mold from developing further, the work is placed under a plexiglass cover to protect it and ensure the best possible preservation. Challenging the definition and status of the artist, Michel Blazy has developed a true ethic of collaboration with plants, animals, and at times, the audience. Part of his collection of avocado trees, which he has been growing for several decades, is presented here in suitcases. Next to them, five small cacti are nestled in accidentally broken glass. These sculptures unfold over a long timespan which, by definition, dictates the conditions of their emergence, growth, and disappearance. The succulent plant as the avocado pit become the objects of particular care, one that respects its specific temporality while inviting reflection on the global circulation of species and goods. Further on, the artist restores simplicity to beetroot (a large-scale industrialised foodstuff) in several forms: four paintings made from beetroot juice and a sculpture in which small purple spheres studded with macaroni proliferate on a metal structure the size of his refrigerator, as well as on the surrounding walls. By allowing the intrinsic properties of materials to emerge, Michel Blazy lets forms germinate, which he guides, like a gardener’s stake, without constraining them. Chance, accident, and slowness are integral to the process. His works thus implicitly raise a political question about the living world: what do we produce, what do we destroy, what do we displace, and for what—or for whom—are we responsible? —Ida Simon-Raynaud ***** Depuis plus de trente ans, Michel Blazy interroge notre rapport à la matière, au temps et au vivant. Dès le début des années 1990, il réalise des sculptures à partir de produits communs et périssables - fruits, mousses, champignons, moisissures, produits alimentaires - transformant l’espace d’exposition en un lieu de vie en constante métamorphose. Pour cette nouvelle exposition, Michel Blazy transpose à l’échelle domestique l’une de ses installations les plus emblématiques, le Mur de double concentré de tomate. A l’origine déployé directement sur les murs, le concentré de tomate a été appliqué sur deux plaques de plâtre de 150 × 150 cm et 100 x 100 cm. Le produit industriel poursuit son évolution naturelle, faisant apparaître des taches vertes et jaunes sur un fond rouge. Après une période de séchage qui interrompt le développement des moisissures, l’œuvre est placée sous un capot en plexiglas pour la protéger et assurer au mieux sa conservation. Remettant en question la définition et le statut d’artiste, Michel Blazy a pensé une véritable éthique de la collaboration avec les végétaux, les animaux et, parfois, le public. Une partie de sa collection d’avocatiers, qu’il fait pousser depuis plusieurs décennies, est aussi présentée dans des valises de voyage. A côté, cinq petits cactus sont nichés dans des verres cassés accidentellement. Ces sculptures s’inscrivent dans un temps long qui détermine les conditions réelles de leur apparition, de leur croissance et de leur disparition. La plante grasse comme le noyau d’avocat deviennent les fruits d’un soin particulier, prenant en compte leur temporalité spécifique, tout en proposant une réflexion sur la circulation globalisée des espèces et des marchandises. Plus loin, l’artiste rend sa simplicité à la betterave (aliment industrialisé à grande échelle) sous plusieurs formes : quatre peintures élaborées à partir de son jus et une sculpture où les petites sphères violettes piquées de macaronis prolifèrent sur une structure métallique aux dimensions de son réfrigérateur, ainsi que sur les murs environnants. En laissant émerger les propriétés intrinsèques des matériaux, Michel Blazy laisse germer des formes qu’il accompagne, tel un tuteur, sans les contraindre. Le hasard, l’accident et la lenteur font pleinement partie du processus. Ses œuvres posent ainsi, en creux, une question politique du vivant : que fabriquons-nous, que détruisons-nous, que déplaçons nous et de quoi - ou de qui - sommes-nous responsables ? —Ida Simon-Raynaud
