Group Exhibition — Please Leave This World

Belleville, Paris

Group Exhibition

Please Leave This World

Maëlle Galerie

14 November 2019 – 2 February 2020

Paolo Cirio, Rubén D’Hers, Regina José Galindo, John Isaacs, Carlos Martiel, Jérémie Paul, Rosemberg Sandoval et Le Gang, Mouvement d’Art Porno du Brésil (Eduardo Kac) Curated by Rolando J. Carmona [Scroll down for French version / Veuillez trouver ci-dessous la version française] A frail woman runs, desperately trying to escape the army tank advancing towards her. We cannot flee the unbearable; it persecutes us, it is our shadow. This disturbing moment is the work of Regina José Galindo. She confronts us with our most intimate relationship to power, as she does herself, the artist, seeking to free herself from cruelty to carve out a space of freedom. That is the image that this exhibition seeks to forge. Please Leave This World brings together1a series of works in which artists react with certitude to immobility. With the same logic as a T.A.Z [1], some are furtive actions, insurrections, which appear and immediately disappear so as not to be identified. Like a crystal knife – transparent, radical and fragile – these works have the ability to break the horror of our societies and to remind us that another condition is imaginable. But in some cases, the door to the prison may also open. Imagine being in the place of an immigrant unable to get a job because your face is registered in an online database of criminals, even when your crime is as futile as a social media publication. Obscurity is a hybrid project, midway between art and social justice. In it, artist Paolo Cirio uses an algorithm to interact with 15,000,000 criminal records of people arrested in the United States and registered on six “mugshot websites”. This artist-hacker manages to violate the security of these sites, which extort money from those who wish “to erase their trace” from the photographic archives of the American judiciary system. A post-photographic act that reformulates the traditional anthropometric portrait. Many of these artists might be qualified as utopian or as criminals who cross a dangerous line, sometimes vis-à-vis official power, sometimes vis-à-vis the art circuit itself. In Rosemberg Sandoval’s famous performance Mugre, the artist carried a homeless man over his shoulder right into a gallery to literally paint the white cube with the filth of a body invisibilized by society. The performance and experimental poetry collective the Gang (Porn Art Movement), which from 1980 à 1982 carried out aesthetic guerilla actions in the streets of Rio de Janeiro, succeeded in shaking the power of the Brazilian military dictatorship by teaching heteronormative thought and orthodox art a lesson. It would be a fantasy to think that art can really change the inflection that the human species is taking due to its excessive ambition and its power games in which there are more and more marginalized bodies. But yes, art truly does heal. It can be useful for living in this world rather than crossing a line and taking the decision to leave this wretched life. Please Leave This World is an attempt at escape, like the story of the tormented junkie looking out window on a fine sunny day. The scene poses the question: what to do? Should he stay in his place, find a fine costume to cover his wounds and wait for a natural death... or sew feathers on his body and throw himself into the void, as Carlos Martiel evokes, knowing he does not have wings, but that what will remain will be his most infinite and most fragile reality. - Rolando J. Carmona 1 - T.A.Z Temporary autonomous zone, a concept invented by Hakim Bey. The term has become widespread in international cyberculture circles. ***** Une femme frêle court désespérément, essayant d’échapper à un tank militaire qui avance vers elle ; nous ne pouvons pas fuir l’insoutenable, cela nous persécute, c'est notre ombre. Cette action troublante est l’œuvre de Regina José Galindo. Elle nous confronte à notre relation la plus intime au pouvoir, tout autant que l'artiste qui tente de se libérer de la cruauté pour se frayer un espace de liberté. C'est l'image que cette exposition cherche à construire. Please leave this world rassemble une série d'œuvres dans laquelle l’artiste réagit avec certitude face à l'immobilité. Avec la même logique qu'un T.A.Z [1], certaines d’entre elles sont des actions furtives, des insurrections, qui apparaissent et disparaissent aussi tôt, pour ne pas être identifiés. À l’instar d’un couteau de cristal : transparent, radical et fragile, ces oeuvres ont la capacité de briser l’horreur de nos sociétés et nous rappeler qu’une autre condition peut être imaginée. Mais dans certains cas, la porte de la prison peut aussi s’ouvrir. Imaginez-vous être à la place d’un immigré incapable d'obtenir un emploi, parce que votre visage est enregistré dans une base de données de criminels en ligne, même lorsque votre crime est aussi futile qu'une publication sur les réseaux sociaux. Obscurity est un projet hybride entre art et justice sociale, dans lequel l'artiste Paolo Cirio utilise un algorithme pour interagir avec 15,000,000 de casiers judiciaires de personnes arrêtées aux États-Unis et inscrite dans 6 “mugshot websites”. Cet artiste-hacker parvient à violer la sécurité de ces sites qui extorquent de l’argent à ceux qui veulent "effacer leurs traces" des archives photographiques du système judiciaire américain. Un acte de post-photographie qui reformule le portrait anthropométrique traditionnel. Nombre de ces artistes pourraient être qualifiés d'utopistes ou de criminels franchissant les lignes du danger, parfois face au pouvoir officiel et parfois envers le circuit artistique lui-même. Dans sa célèbre performance Mugre de Rosemberg Sandoval ; l'artiste porte sur ses épaules un sans abri jusqu’à l'intérieur d’une galerie pour peindre littéralement le white cube avec la crasse d’un corps rendu invisible par la société. Aussi, le collectif de performance et de poésie expérimentale : Le Gang (M.A.P), qui de 1980 à 1982 activa dans les rues de Rio de Janeiro une guerrilla esthétique parvint à briser le pouvoir de la dictature militaire brésilienne en donnant une leçon à la pensée hétéronormative et à l'art orthodoxe. Ce serait un fantasme de penser que l’art peut réellement changer l’inflexion vers laquelle l’espèce humaine est dirigée, par son ambition excessive et ses jeux de pouvoir où les corps marginaux sont de plus en plus nombreux. Mais oui, l’art véritable guérit, il peut être utile pour vivre dans ce monde plutôt que de franchir la ligne et prendre la décision de quitter cette misérable vie. Please leave this world est une tentative d’évasion comme l’histoire d’un junkie tourmenté qui regarde par la fenêtre une belle journée ensoleillée. De cette scène se dégage une question : que faire ? Rester à sa place, chercher un beau costume qui couvrira ses blessures et attendre la mort naturelle… ou coudre des plumes sur son corps et se jeter dans le vide comme l'évoque Carlos Martiel, conscient de ne pas avoir d’ailes, mais que ce qui lui restera sera sa réalité la plus infinie et la plus fragile. - Rolando J. Carmona 1 - T.A.Z (Zone Temporaire Autonome) concept introduit par Hakim Bey. Des "Utopies pirates" du XVIIIe au réseau planétaire du XXIe siècle, elle se manifeste à qui sait la voir, "apparaissant-disparaissant" pour mieux échapper aux Arpenteurs de l'Etat. Elle occupe provisoirement un territoire, dans l'espace, le temps ou l'imaginaire, et se dissout dès lors qu'il est répertorié.Le terme s'est répandu dans les milieux internationaux de la "cyber-culture".

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1-3 rue Ramponeau

Paris, NY

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