Gaston Chaissac — Gaston Chaissac

Matignon, Paris

Gaston Chaissac

Gaston Chaissac

Mennour

4 June – 20 July 2025

[Scroll down for French version / Veuillez trouver ci-dessous la version française] Mennour presents its first exhibition devoted to the last period of the work of Gaston Chaissac (1910-1964), an "outsider" artist positioned between modern and contemporary art, who claimed to be an "artist, poet and farmer. " To the category "art brut" in which his works have too easily been included due to their candid spontaneity, simple shapes and bright colours, Chaissac preferred the term "modern rustic painting". At the end of the Second World War, this "village painter" definitely positioned himself against a Parisian art scene deemed too intellectual and cut from a formal freedom that only life in the "unpopulated countryside" allowed. It was therefore sheltered from the centre that Chaissac's work developed, at the same time on the fringes and in the recognition of his peers. For Otto Freundlich, who opened the doors to his Parisian studio in 1937 and encouraged him, with his wife Jeanne Kosnick-Kloss, to paint: "a master is born." Jean Dubuffet tried in vain to include him in his definition of "art brut" and the artist couple of Albert Gleizes and Juliette Roche supported him. Though he was celebrated by an avant-garde community, he became famous quite late in his life as his body of work was different from that of the artists of his time. Chaissac worked at breaking the virtuoso gesture of the painter, choosing instead a kind of assumed clumsiness: the outlines are not steady, delimiting flat surfaces of colour more or less irregular. From those geometrical shapes, smiling faces emerge, heads without bodies and without gender, indistinct human figures which are reminiscent of children drawings, and their abilities to make perceptible, in a few lines, primary emotions like joy and pleasure. His paintings seem to stem from some abstraction through a play on the shapes he creates, in painting and in collages of painted paper, until a face appears—more rarely fragments of a body—like that phenomenon of pareidolia that seems to show something familiar in random shapes. The anthropomorphism of Chaissac's works looms in his paintings but also on his masks and totems, made with a joyful makeshift assemblage of wood planks on bits of salvaged iron or flattened tin buckets on which he paints; humble materials taken from the world of rural craftmanship and which maintain the traces of a previous use, with its accidents and its dents. In this manner of representing humanity with a formal economy of means one could call childish or with a rustic form of poetry, Chaissac constructs a modern mythology peopled with eccentric figures. Like Chaissac's, the works of Petrit Halilaj, Camille Henrot and Matthew Lutz-Kinoy—three of the gallery artists for whom childhood and the human condition are essential sources of inspiration—actuate, as a counterpoint, his extraordinary modernity. —Christian Alandete Gaston Chaissac was born in 1910 in Avallon (France) and died in 1964 in La Roche-sur- Yon (France). He was a self-taught artist from a modest background, whose emblematic work blends painting, drawing and writing. From an early age, he developed a personal visual language, close to a pictorial alphabet, which he developed throughout his life. Nourished by the avant-gardes of his time, he explored a variety of forms: Chinese ink drawings, totemic figures made from retrieved materials, compositions mixing abstraction and figuration, all animated by flat areas of color and a strong black line, the signature of his unique style. Alongside his painting practice, he built up a prolific epistolary output: thousands of letters exchanged over more than two decades, enabling him to weave a vast network of correspondence with artists, writers, journalists and art critics. Although self-taught, he in no way fits the image of the “culture-free” artist promoted by the notion of “art brut”. Jean Dubuffet himself recognized that Gaston Chaissac was too conscious of the artistic and literary issues of his time to be reduced to this category. His work is included in the collections of Centre Pompidou, Paris, Collection de l’Art Brut, Lausanne (Switzerland); Musée d’Art Moderne et Contemporain - Abbaye Sainte-Croix, Les Sables- d’Olonne (France) and Museum of Modern Art, New York, among others. His work has been the subject of solo exhibitions in museums and institutions such as the Galerie nationale du Jeu de Paume in Paris, the Musée des Beaux-Arts in Nantes (France), the Musée des Beaux-Arts in Lyon (France), the Musée Unterlinden in Colmar (France), the Musée Fabre in Montpellier (France) and the Musée Soulages in Rodez (France). He is currently the subject of a retrospective at the Musée d’art moderne de Fontevraud (France). ***** Mennour présente sa première exposition consacrée à la dernière période de l’œuvre de Gaston Chaissac (1910-1964), un artiste singulier au tournant de l’art moderne et contemporain, qui se revendiquait « artiste, poète et paysan ». À la catégorie « d’art brut » dans laquelle ses œuvres à la spontanéité candide, aux formes simples et aux couleurs vives ont trop facilement été rangées, Chaissac préfère le terme de « peinture rustique moderne ». Dès la sortie de la Seconde Guerre mondiale, ce « peintre du village » se plaçait définitivement à contre-courant d’une scène parisienne qu’il jugeait trop intellectuelle et coupée d’une liberté formelle que seule la vie dans les « campagnes désertes » autorisait. C’est donc à l’abri du centre que l’œuvre de Chaissac se développe, à la fois dans la marginalité et dans la reconnaissance de ses pairs artistes. Pour Otto Freundlich qui lui ouvre les portes de son atelier parisien dès 1937 et l’encourage, avec sa femme Jeanne Kosnick-Kloss, à peindre : « un maître est né ». Jean Dubuffet tente en vain de le ranger dans la catégorie « art brut » et le couple d’artistes formé par Albert Gleizes et Juliette Roche le soutient. S’il est célébré par une communauté d’avant-garde, il ne parviendra que tardivement à la célébrité tant son œuvre se distingue des artistes de son époque. Chaissac s’emploie en effet à briser le geste virtuose du peintre en lui préférant une forme de maladresse assumée : le cerné des lignes est peu assuré, délimitant des aplats colorés plus ou moins irréguliers. De ces formes géométriques émergent souvent des visages souriants, des têtes sans corps et sans genre, des figures humaines indifférenciées qui rappellent les dessins d’enfants et leurs capacités à rendre perceptible, en quelques traits, des émotions primaires comme la joie et le plaisir. Ses peintures semblent partir de l’abstraction par le jeu des formes qu’il compose, en peinture ou par collages de papier peint, jusqu’à ce qu’un visage apparaisse — plus rarement les éléments d’un corps — à la manière de ce phénomène de paréidolie qui laisse deviner quelque chose de familier dans des formes aléatoires. L’anthropomorphisme des œuvres de Chaissac se déploie dans ses peintures mais aussi sur ses masques et ses totems par un joyeux bricolage de planches de bois, sur des morceaux de fer récupérés ou des seaux en fer écrasé sur lesquels il vient peindre ; des matériaux humbles puisés dans le monde de l’artisanat rural et qui conservent des traces d’un usage antérieur, avec ses accidents et ses cabossages. À travers cette manière de représenter l’humanité avec une économie formelle de moyens qu’on pourrait dire enfantine ou une forme rustique de poésie, Chaissac construit une mythologie moderne peuplée de figures fantaisistes. À l’instar de Chaissac, les œuvres de Petrit Halilaj, de Camille Henrot et de Matthew Lutz-Kinoy — trois artistes de la galerie pour lesquels l’enfance et la condition humaine sont des sources essentielles d’inspiration — activent en contrepoint son extraordinaire modernité. —Christian Alandete Gaston Chaissac est né en 1910 à Avallon (France) et mort en 1964 à La Roche-sur- Yon (France). Artiste autodidacte issu d’un milieu modeste, son œuvre singulière mêle peinture, dessin et écriture. Il développe très tôt un langage visuel très personnel, proche d’un alphabet pictural, qu’il fait évoluer tout au long de sa vie. Nourri par les avant-gardes de son temps, il explore des formes variées : dessins à l’encre de Chine, figures totémiques en matériaux de récupération, compositions mêlant abstraction et figuration, le tout animé par des aplats de couleur et un cerné noir, signature de son style unique. Parallèlement à sa pratique picturale, il bâtit une œuvre épistolaire prolifique : des milliers de lettres échangées sur plus de deux décennies, qui lui permettent de tisser un vaste réseau de correspondances avec des artistes, écrivains, journalistes et critiques d’art. Bien qu’autodidacte, il ne correspond en rien à l’image de l’artiste « vierge de culture » telle que promue par la notion « d’art brut ». Jean Dubuffet lui-même reconnaîtra que Gaston Chaissac était trop conscient des enjeux artistiques et littéraires de son époque pour être réduit à cette catégorie. Aujourd’hui, il est reconnu comme une figure singulière de l’art du XXe siècle. Ses œuvres font partie des collections du Centre Pompidou, Paris ; de la Collection de l’Art Brut, Lausanne ; du Musée d’Art Moderne et Contemporain - Abbaye Sainte-Croix, Les Sables-d’Olonne et du Museum of Modern Art, New York, entre autres. Son travail a fait l’objet d’expositions personnelles dans de nombreux musées et institutions comme la Galerie nationale du Jeu de Paume à Paris, le Musée des Beaux-Arts de Nantes, le Musée des Beaux-Arts de Lyon, le Musée Unterlinden à Colmar, le Musée Fabre à Montpellier et le Musée Soulages à Rodez. Il fait actuellement l’objet d’une rétrospective au Musée d’art moderne de Fontevraud.

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Paris, NY

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