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Marais, Paris

José Gamarra

Le Théâtre de la Jungle

Xippas

7 September – 18 October 2024

[Scroll down for French version / Veuillez trouver ci-dessous la version française] "We must return to the forest which is the source of our words, the reliquary of the signs and forms that haunt us. Not knowing if it threatens us or is favorable to us." —Edouard Glissant In José Gamarra’s painting El progreso de una ayuda (The Progress of an Aid) dating from 1969, we see a US Air Force bomber plane dropping a multitude of objects related to the war industry onto an exotic tropical landscape. The title of the painting, charged with cynicism and irony, defines its narrative tone: American foreign policy cannot dissociate progress from war. Likewise, in the work Amigos from 2021, a fairly recent work included in the exhibition, we observe, within a sumptuous representation of the jungle, three main figures: an animal, a human and a mythological being, and two creatures observing them. In both works the jungle is the scenery and the space where a story unfolds. In the first painting, we observe the witness and the victim of an imperialist policy, in the second, the only possible space where these beings, real and imaginary, can coexist: “The law of the jungle” and “The Jungle Book”. The anthological exhibition Le Théâtre de la Jungle (The Jungle Theater) presented at Xippas Paris, features works from the last 50 years of this unique artist with an outstanding selection of paintings and drawings. José Gamarra was born in Uruguay and after living a few years in Rio de Janeiro and participating in the Venice Biennale (1964), he settled in the Paris region in the mid-60s. The first series of works created in France embraced some of the aesthetic guidelines of the Narrative Figuration group (Adami, Arroyo, Arnal, Castro, Cueco, Días, Fromanger, Rancillac, Recalcati, Telemaque). Gamarra participated for some time in the comings and goings of this heterogeneous figurative group, associated with the imagery of the media, comics and entertainment industry, which in some way embodied the highly politicized atmosphere that existed in Paris in the 60s. During the 1970s, the representation of nature and in particular the tropical jungle progressively gained more space in the artist’s pictorial compositions. Entering the following decade, the representation of the jungle becomes more sophisticated on a formal level and occupies almost all the space of Gamarra’s paintings. José Gamarra’s artistic project being focused on painting, but also including the practice of drawing and graphic production developed since the late 1960s, introduces the representation of the jungle or jungle as a possible scenario for human development. Jungle, forest, selva is for the artist a scene of all conflicts and all agreements, a fundamental space of human action, the primordial scenery of myth and fable, the impenetrable mystery of the unknown. In this infinite and mysterious setting, the artist presents unusual stories, where diverse characters, members of different cultures and historical periods, coexist and interact: The Pope and Superman, the Spanish conquerors of America and mythological animals, Yanomami and American marines. The jungle scenery is the witness and the victim of all these conflicts and at the same time it is a space of ontological resistance and resilience, perhaps the last possible one. Like all great creators, Gamarra’s artistic project is not only contemporary because of its relevance and creative originality, but also because it continues to project images that reveal fundamental issues and questions. Nature, culture, society and politics, the geography where life originates, the living space of entropy and the home of negentropy, this fragile and at the same time resistant space is perhaps the last limit that nature offers to the human being and his culture. The last border. —Manuel Neves ****** "Il nous faut revenir à la forêt où est la source de nos mots, le reliquaire des signes et des formes qui nous hantent. Ne sachant pas si elle nous menace ou nous est propice." —Édouard Glissant Dans l’œuvre El progreso de una ayuda de 1969, on voit un bombardier de l’US Air Force larguer une centaine d’objets liés à l’industrie de guerre sur le fond d’un paysage tropical exotique. Le titre du tableau, imprégné de cynisme et d’ironie, définit son ton narratif : la politique américaine ne peut dissocier le progrès de la guerre. De même, dans l’œuvre Amigos réalisée en 2021, qui se situe à l’autre extrémité temporelle de l’exposition, on observe, au sein d’une somptueuse représentation de la jungle, trois personnages : un animal, un humain et un être mythologique, plus deux créatures qui les observent. Dans ces deux œuvres, la jungle est le décor et l’espace où se déroule une histoire. Dans le premier, elle est le témoin et la victime d’une politique impérialiste, dans le second, le seul espace possible où peuvent cohabiter ces êtres réels et imaginaires, « la loi de la jungle » et « le livre de la jungle ». L’exposition anthologique Le Théâtre de la Jungle présentée à Xippas Paris retrace cinquante dernières années de travail de cet artiste singulier à travers une sélection exceptionnelle de peintures et de dessins. José Gamarra est né en Uruguay en 1934 et après avoir vécu quelques années à Rio de Janeiro et participé à la Biennale de Venise (1964), il s’installe en région parisienne au milieu des années 60. La première série d’œuvres créée en France reprend certaines orientations esthétiques de la Figuration Narrative (Adami, Arroyo, Arnal, Castro, Cueco, Días, Fromanger, Rancillac, Recalcati, Télémaque). Gamarra a participé pendant quelque temps aux va-et-vient de ce groupe figuratif hétérogène, associé à l’imagerie des médias, des bandes-dessinées et de l’industrie du divertissement, qui incarnait en quelque sorte l’atmosphère hautement politisée qui régnait à Paris dans les années 60. Au cours des années 70, la représentation de la nature et notamment de la jungle tropicale prend progressivement de l’ampleur dans les compositions picturales de l’artiste. Au début de la décennie suivante, la représentation de la jungle devient plus sophistiquée sur le plan formel et occupe presque tout l’espace des tableaux de Gamarra. Le projet artistique de José Gamarra axé sur la peinture, mais abordait la pratique du dessin et de la production graphique développée depuis la fin des années 60, introduit la représentation de la forêt ou de la jungle comme scénario possible du développement humain. La jungle, la forêt, la selva est pour l’artiste le théâtre de tous les conflits et de tous les accords, un espace fondamental de l’action humaine, le décor primordial du mythe et de la fable, le mystère impénétrable de l’inconnu. Dans ce décor infini et mystérieux, l’artiste présente des histoires insolites où cohabitent et interagissent divers personnages, issus de cultures et de moments historiques différents : Le Pape et Superman, les conquistadors espagnols de l’Amérique et les animaux mythologiques ou les Yanomami et les marins américains. Le paysage de la jungle est le témoin et la victime de tous ces conflits et un espace ontologique de résistance et de résilience, peut-être le dernier possible. Comme chez tous les grands créateurs, le projet artistique de Gamarra est non seulement contemporain par sa pertinence et son originalité créative, mais aussi parce qu’il agit dans le présent en projetant des images qui révèlent des questions et des enjeux fondamentaux. Nature, culture, société et politique, la géographie d’où vient la vie, l’espace vital de l’entropie et le foyer de la néguentropie, cet espace fragile et à la fois résistant est peut-être la dernière limite qu’offre la nature à l’homme et à sa culture. La dernière frontière. —Manuel Neves José Gamarra est l’un des artistes d‘origine uruguayenne les plus importants. Né en 1934 à Tacuarembó (Uruguay), il vit et travaille depuis 1963 à Arcueil, France, et a acquis une renommée internationale. Dès 16 ans, il participe aux Salons Nationaux, puis entre aux Beaux-Arts de Montevideo où il étudie la peinture et la gravure. En 1959, il obtient une Bourse d’Itamarati du ministère des Affaires étrangères du Brésil, pour étudier la gravure au Musée d’Art Moderne de Rio de Janeiro avec Johnny Friedlaender, et la peinture à l’Institut des Beaux-Arts de Praia Vermelha avec Iberé Camargo. Après un an à Rio, il est nommé professeur de peinture et de fresque à la Fondation Alvares Penteado à Sao Paulo. Les quatre années qu’il a vécues au Brésil (1959-1963) ont été fondamentales dans sa consolidation artistique. En 1962, il participe à la IIIe Biennale des jeunes peintres de Montevideo et à la IIIe Biennale des jeunes peintres de Paris où il obtient le prix de peinture et une bourse du gouvernement français. La curiosité, le besoin de voir des œuvres originales et la confrontation avec d’autres artistes l’ont conduit en Europe. L’expérience européenne sera fondamentale dès son arrivée en France en 1963. Les artistes en Uruguay ont été influencés par l’école Torres García, une école très rigide avec une palette très sombre. « En Europe, j’ai vu l’explosion des couleurs » raconte Gamarra. À Paris, il trouve une autre dynamique créative, son regard envers le continent américain change, il observe et pénètre la nature latino-américaine. Le peintre évoque diverses époques, évènements, personnages et objets divers : conquérants de la découverte de l’Amérique, peuples indigènes, les conflits armés des années 70 avec hélicoptères, avions et chars. Le vert profond des paysages, la précision des détails, les personnages incognito en position de défense, d’attaque ou dans l’angoisse, entourés d’animaux et d’objets, créent du drame, et du lyrisme dans un esthétisme parfait. La végétation exubérante est une sorte de roman où les paysages de jungle magique décrivent tout un univers esthétique et social. L’engagement social et le souci de la préservation de la nature sont depuis longtemps des thèmes centraux de son intense activité artistique. José Gamarra a toujours pensé qu’il était possible de vivre en harmonie avec la nature, le message écologique est partie intégrante de son travail. L’œuvre de José Gamarra fait partie des collections publiques et privées préstigieuses, telles que Museum of Modern Art, New York, États-Unis ; Metropolitan Museum of Art New York, États-Unis ; Rockefeller Foundation, New York, États-Unis ; Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, France ; Bibliothèque Nationale de Paris, France ; Fonds National d’Art Contemporain (CNAP) Paris La Défense, France ; Musée d’Art Contemporain du Val-de-Marne (MAC/VAL), Vitry, France ; Collection Banque Rothschild Zürich, Suisse ; Museo de Arte Moderno Buenos Aires, Argentine; Museu de Arte Moderna Rio de Janeiro, Brésil, entre autres.

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Paris, NY

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