Marais, Paris
Justin Williams
The Autumn Fall
Semiose[Scroll down for French version / Veuillez trouver ci-dessous la version française] Entering Justin Williams’ painting is like infiltrating a universe off the beaten path, one that sits between myth and memory, and where human bonds and tenderness are revealed. His painting echoes a bygone era, when men smoked pipes, grew beards, rode horses and wore suspenders. With their matt surfaces, his paintings transport us a world away from our everyday experience of backlit images. His sanding down and scratching away of the pictorial layer exposes the grain of the pigments and lends the canvasses the texture of an ancient wall, in an almost fresco-like manner. His palette features natural, predominantly earthy tones—browns, ochres, greens and purples—illuminated here and there by blues and yellows. His drawing, unconstrained by scale, is a play on simplification: a very large body represents an adult while a small one stands for a child. With its schematic proportions and instinctive language, his oeuvre borders on Outsider Art. His subjects are also far from the mainstream: beliefs, anecdotes and unseen coincidences, all borne by genuine emotional truth. One senses the raw sincerity of a self-taught artist, revealing himself in an auto-fiction that verges on naive candor. And yet, Justin Williams is by no means an outsider artist. His framing and use of mise en abyme exude genuine sophistication. Scattered across the canvases, the vernacular details, implicit symbols and the subjects’ costumes act as indicators of taste, undermining his oeuvre’s deceptively naïve appearance. In the manner of Matisse, the artist allows himself the freedom to include decorative touches, placed here and there, seemingly to distract the viewer with their enigmatic presence. His paintings tell stories, or rather act as inspiration for them, as they encapsulate a mood, an atmosphere, which sets the storytelling mechanism in motion. The emphasis is on community, family and certain lifestyles. The artist’s upbringing, surrounded by nature in the expanses of the Dandenong Ranges in Victoria, Australia, comes as no surprise. Justin Williams’ geography is that of migratory routes. His grandparents left Alexandria in Egypt for Australia, on the other side of the world. These roots can be glimpsed, for example, in the small image of a camel hanging on the wall in Mother’s ashes sat in a porcelain jar with a decorative bird on it (2025). Now based on the Sunshine Coast, north of Brisbane, Justin Williams’ paintings explore exile and reunion, families separated by distance or, conversely, communities united more closely through their very isolation. His sense of place is that of the uprooted, his sense of time belongs to that of family legends. In his most recent series The Autumn Fall, the artist has included more individual portraiture than in his previous works, where groups of characters would form a scene. Now there is usually only one figure, sometimes two. They structure the painting, holding it together as much as serving as a subject to be represented. Justin Williams is less interested in their facial features than in their relationship to their setting. He places his characters both outdoors and indoors, where they blend into the landscape or the domestic scene that they inhabit, which in itself is enough to qualify them as humanistic painting. From his studio perched high in the mountains, Justin Williams paints the mysteries of forested and mountainous areas, depicting picturesque and folkloric atmospheres. His paintings explore the character of where he lives and celebrate the beauty of nature. His canvases are havens, portraying a close-knit and reassuring world. Born in Melbourne, Australia in 1984, Justin Williams has seen his works travel the world over: Sydney, Paris, Los Angeles, London, New York… His works feature in some of the most prestigious private collections including the Beth Rudin DeWoody Collection (Palm Beach, USA) and the agnès b. Collection in Paris. Despite this recognition, Justin Williams remains disarmingly humble: “I’m not that good at painting; I’ve just become obsessed with it and now I’m too old to stop.”[1] 1 - Esquire Australia, February 2025 ***** Entrer dans la peinture de Justin Williams, c’est franchir le seuil d’un univers en marge, un territoire suspendu entre mythe et mémoire, où s’éprouvent les liens humains et la tendresse. Sa peinture renvoie l’écho d’un temps ancien, où l’on fumait la pipe, montait à cheval, portait barbe et bretelles. D’une qualité graphique très mate, ses peintures nous entrainent loin des images rétroéclairées de nos quotidiens. Le ponçage de la couche picturale met à nu le grain du pigment et confère aux toiles l’allure d’un mur antique, presque a fresco. Sa palette décline des teintes naturelles, plutôt terreuses – bruns, ocres, verts, pourpres – éclairés ici ou là de bleus et de jaunes. Le dessin, affranchi de toute mesure, joue avec les simplifications : un corps très grand figure un adulte, un tout petit celui d’un enfant. Par ses proportions schématiques et son langage instinctif, l’œuvre se tient tout près de l’art brut. Brut aussi par les sujets : croyances, anecdotes, coïncidences invisibles, porté par une vérité des émotions. On y sent la sincérité nue d’un autodidacte, qui se livre dans une autofiction d’une candeur presque naïve. Et pourtant, Justin Williams n’est pas un artiste outsider. Ses cadrages et ses jeux de mises en abyme cultivent une réelle sophistication. Disséminés sur la toile, les détails vernaculaires, les symboles implicites et les costumes, fonctionnent comme des marqueurs de goût, déjouant la fausse naïveté apparente. À la manière de Matisse, le peintre s’autorise de libres ponctuations décoratives, posées ici ou là telles des distractions, suspendant la scène à leurs énigmes. Sa peinture raconte des histoires, ou plutôt les inspire, tant elle condense un climat, une ambiance qui enclenche la machine à récits. L’accent est mis sur la communauté, la famille, les modes de vie. On croit aisément au fait que l’artiste a grandi au milieu de la nature, dans les vastes étendues des Dandenong Ranges, à Victoria, en Australie. La géographie de Justin Williams est celle des routes migratoires. Ses grands-parents ont quitté Alexandrie, en Égypte, pour l’autre bout du monde, l’Australie. Ces racines se devinent par exemple dans la petite image avec le chameau, accrochée au mur de Mother’s ashes sat in a porcelain jar with a decorative bird on it (2025). Aujourd’hui installé sur la Sunshine Coast, au nord de Brisbane, Justin Williams peint les exils et les retrouvailles, les familles dispersées par les distances ou, au contraire, les communautés resserrées par l’isolement. Sa géographie est celle du déracinement, son temps celui des légendes familiales. Dans sa série récente, The Autumn Fall, l’artiste se fait plus portraitiste que dans les précédentes où plusieurs personnages formaient une scène. Ne demeure qu’une figure, parfois deux. Elles architecturent le tableau, le tiennent, autant qu’elles lui servent de prétexte. Moins intéressé par les traits de leurs visages que par la relation à leur contexte, Justin Williams campe ses personnages en extérieur ou en intérieur, où ils se confondent avec le paysage ou le foyer qui les accueille. Situé à la juste distance, entre récits personnels et universels, l’artiste rend avec délicatesse la fragilité de la condition humaine. Et cela suffit à qualifier sa peinture d’humaniste. Depuis son atelier perché dans la montagne, il peint les mystères des zones sylvestres et montagneuses, sculpte des atmosphères pittoresques ou folkloriques. Ses peintures reflètent le caractère du lieu où il vit et célèbrent les beautés de la nature. Ses toiles sont des refuges, elles décrivent un monde clos et rassurant. Né en 1984 en Australie, Justin Williams a vu ses œuvres voyager : Sydney, Paris, Los Angeles, Londres, New York. Ses toiles habitent les plus belles collections privées, de la Beth Rudin DeWoody Collection à celle d’agnès b., et pourtant, derrière cette reconnaissance, Justin Williams demeure d’une humilité désarmante : « I’m not good at painting. I’ve just become obsessed with it, and now I’m too old to stop. »[1] 1 - Esquire, février 2025
