Matignon, Paris
Jennifer Rochlin
Suns and Lovers
Mariane Ibrahim[Scroll down for French version / Veuillez trouver ci-dessous la version française] Mariane Ibrahim is pleased to present a solo exhibition of new work by Jennifer Rochlin, in its Paris gallery. Through figurative elements painted and carved on terracotta vessels, the artist unfolds a narrative landscape throughout the exhibition. Moments and characters from her daily life intertwine with the surrounding natural world, particularly the foothills of Altadena, California. These hills and the nature surrounding Los Angeles, where she lives, serve as both a source of solace and inspiration as well as unease. Titled Suns and Lovers, the exhibition takes its name from D.H. Lawrence's classic novel Sons and Lovers, a distant literary reference whose words and images resonate subtly with the artist's present life. Though removed from the novel, echoes of its themes persist in the work, particularly in the tension between an inner world shaped by tenderness and an outer world marked by distress and imbalance. Most significantly, and above all, Rochlin’s work invites interpretation as a story unfolding in space, vessel after vessel, occasionally extending into the two-dimensional realm of paintings on canvas. In the gallery’s main space, small and medium pots are found scattered on top of plinths that are placed in a maze, inviting the viewer to wander around. A few works highlight representations of flowers and animals, all of which the artist encounters during hikes in the foothills of Altadena, offering a glimpse into her daily reprieves from the chaos of the every day. Interspersed among these are three medium-sized pots, each marking a poignant “pause” in the narrative flow—like commas or periods in a sentence. The vessels carry personal imagery: portraits of the artist’s family, and a symbolic peacock contrasted with a depiction of mountain fires. The peacock’s hypnotic feathers, also reproduced as a wallpaper motif on one of the gallery walls, serves as a response to the anxieties of living near wildfire-prone areas, paradoxically finding in nature a creative escape to the personal unease created by its destruction. Upstairs, the focus shifts to three large pink ceramic pieces. In these more monumental works, we find stories enclosed inside tapestry borders: a piece entitled “French Kiss” (2024), pays homage to some of the artist’s favourite French artworks depicting intimacy, including works by Picasso (“The Kiss”, 1969), Henri de Toulousse Lautrec (“In Bed, The Kiss”, 1892), and August Rodin (“The Kiss”, 1880-1898). Accompanying these ceramics are three paintings, including a work that bridges the past and present by referencing the artist's earlier work “If I had gone to Chicago...” (2024), a large terra cotta vessel in which the artist imagined herself strolling through the city. Between reality and fantasy, Rochlin's work unfolds in two- and three-dimensional space, offering us tender, sensual images grounded in reality. The spontaneity emerging in these works, where the human touch is evident in the imperfections of the ceramic forms, contrasts with the precision and technical skill required to create what are paintings on the challenging medium of fired clay. Whether on canvas or clay, it is within this delicate balance between the organic and the controlled that Rochlin's work achieves its lasting impact, engaging with the world around her through a lens of humanity and trepidation. ***** Mariane Ibrahim a le plaisir de présenter une exposition individuelle d'œuvres inédites de Jennifer Rochlin dans sa galerie parisienne. Suns and Lovers constitue la première partie de cette exposition, dont la seconde sera inaugurée à Chicago en avril 2025. À travers des éléments figuratifs peints et sculptés sur des vases en terre cuite, l'artiste déploie un paysage narratif tout au long de l'exposition. Des moments et personnages de sa vie quotidienne s'entrelacent avec le monde naturel environnant, notamment les contreforts d'Altadena, en Californie. Ces collines et la nature qui entourent Los Angeles, où elle réside, sont à la fois une source de réconfort et d'inspiration, mais également d'inquiétude. Intitulée Suns and Lovers, l'exposition tire son nom du roman classique de D.H. Lawrence, Sons and Lovers, une référence littéraire distante dont les mots et les images résonnent subtilement avec la vie actuelle de l'artiste. Bien que détachée du roman, l'œuvre reflète ses thématiques, en particulier la tension entre un monde intérieur façonné par la tendresse et un monde extérieur marqué par le déséquilibre et l'angoisse. Plus fondamentalement, l'œuvre de Rochlin se présente comme une histoire qui se déploie dans l'espace, vase après vase, s'étendant parfois au domaine bidimensionnel des peintures sur toile. Dans l'espace principal de la galerie, des pots de petite et moyenne taille sont disséminés sur des socles disposés en labyrinthe, invitant le spectateur à déambuler. Quelques œuvres mettent en avant des représentations de fleurs et d’animaux que l’artiste rencontre lors de ses randonnées dans les collines d’Altadena, offrant un aperçu de ses échappatoires quotidiennes au chaos. Parmi ces pièces se trouvent trois pots de taille moyenne, chacun marquant une « pause » poignante dans le flux narratif, comme des virgules ou des points dans une phrase. Les vases portent une imagerie personnelle : des portraits de la famille de l’artiste, un paon symbolique en contraste avec une représentation d’incendies de montagne. Les plumes hypnotiques du paon, également reproduites comme motif de papier peint sur l’un des murs de la galerie, répondent aux angoisses liées à la vie près de zones sujettes aux incendies. L’artiste trouve paradoxalement dans la nature une échappatoire créative au malaise provoqué par sa destruction. À l’étage, l’attention se porte sur trois grandes pièces en céramique rose. Dans ces œuvres plus monumentales, des histoires s’inscrivent dans des bordures de tapisserie. Une pièce intitulée French Kiss (2024) rend hommage à certaines des œuvres françaises préférées de l’artiste représentant l’intimité, notamment des œuvres de Picasso (Le Baiser, 1969), Henri de Toulouse-Lautrec (Au lit, le baiser, 1892) et Auguste Rodin (Le Baiser, 1880-1898). Ces céramiques sont accompagnées de trois peintures, dont une qui établit un pont entre le passé et le présent en faisant référence à une œuvre antérieure de l’artiste, If I had gone to Chicago... (2024), un grand vase en terre cuite dans lequel elle s’imagine flânant dans la ville. Entre réalité et fantaisie, le travail de Rochlin se déploie dans des espaces bi- et tridimensionnels, offrant des images tendres et sensuelles ancrées dans la réalité. La spontanéité qui émane de ces œuvres, où la main humaine est perceptible dans les imperfections des formes en céramique, contraste avec la précision et la technicité requises pour peindre sur l’argile cuite, un support exigeant. Qu'il s'agisse de toile ou de céramique, c'est dans cet équilibre délicat entre l'organique et le contrôlé que l'œuvre de Rochlin atteint son impact durable, engageant avec le monde qui l’entoure à travers un prisme d’humanité et d’appréhension.
