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Marais, Paris

Pierre Ardouvin

Dream On

Praz-Delavallade

10 September – 23 October 2022

[Scroll down for French version / Veuillez trouver ci-dessous la version française] Some injunctions are more like a slap in the face and even the best advice can turn out to be contrary to common sense. You can understand this injunction to Dream on in two different ways, either as telling us that something will forever remain outside our grasp, or more literally as an encouragement not to give up on our dreams. And so the question is, is this show promising to rid us of our illusions, or to get rid of the world itself? It has to be said that Pierre Ardouvin has always had a knack for finding titles that can be interpreted in many different ways. Dream on could also be the title of a hit pop song, the soundtrack of a road movie whose heroes are driving through the night, one of those fake cinematic nights shot during the day but underexposed and tinted blue. And for this new exhibition at Praz-Delavallade, the gallery is indeed immersed in a day-for-night effect where blue reigns triumphant. The walls resonate with a dream of a sky that helps Pierre Ardouvin’s dreams to emerge from limbo, because of course the gentleman dreams - it’s his system of defence. And as the gallery’s central pillar surrounded with cushions reminds us, sandbags are used to protect monuments in countries at war. Illustrating and advocating dreams as a form of resistance, dark Nuits - like three little tableaux vivants in a child’s theatre show - are surreal scenes set against a fabric sky where sequins play the role of stars. A stag stands on a bed, its antlers turned to face us; a house in ruins is placed on a bed next to a palm tree; and, on top of another bed, a tin soldier lies on a table under which a goat has taken shelter. This ensemble of what could be children’s toys has been cast in bronze making them safe from the clumsy hands of toddlers, safe to live on for eternity in their pseudo miniature cosmos. “How the night grows when dreams come together” as Gaston Bachelard said in The Poetics of Reverie. It is these three pieces that welcome us as we enter, and then everything teeters. Clouds, wonderful clouds transformed by pareidolia into precious little canvases, metamorphose in turn into a kiss, a sleeping figure, a heart/tree, a whale, a clown and an elephant. In Ardouvin’s Écrans de veille (Screen savers) series, the world definitively slips out from under our feet. Revisited with a caustic twist, these postcards of days gone seem to point to disasters to come. The artist marries two images, placing one above and one below and then disturbs the happy moment with watercolour, sparkly resin and splashes of gouache. A purple twilight gently gnaws away at a swimming pool in the mountains; ruins appear in the bowels of the Earth at the foot of a Ferris wheel that no longer turns; exuberant flowers are born from a swooping roller coaster; a herd of Highland cows graze in front of (or perhaps in the depths of) a peaceful lake; and mimosas trickle down the rocks in Fontainebleau. As the title reminds us, this is how it was in Le monde d’avant (The world before). Screens and smoke: it’s decidedly blue as one dream follows another on the wall, worried and worrying odes to a past paradise that everything threatened, but which remained unaware of the danger. The Sixties turned everything into a picture postcard, so sure was the decade of its ability to lead us towards a better future in glorious Technicolour. This world (glorified by famous French postcard publisher Yvon) is that place we have never visited - because we know what comes next. —Emmanuelle Lequeux Since the 1990’s, Pierre Ardouvin (b. 1955, FR) has steadily cultivated a reflection on popular culture’s utopic vernacular and the fate of its ritual consumption of commodities – spanning industries, class relationships and identities. Ardouvin’s astute use of appropriation and re-presentation of everyday objects exercises a poetic scrutiny of individual and collective psyches. Ardouvin’s multidisciplinary undertaking challenges the credibility of archetypes with playful and poignant installations, environments, assemblages, collages and drawings. Pierre Ardouvin’s works have been shown at the Palais de Tokyo (Paris), the MAC/VAL (Vitry), the Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, the Fondation Jumex (Mexico), the Mori Art Museum (Tokyo), the NMCA (Seoul) and are represented in numerous public and private collections internationally. Pierre Ardouvin has numerous monographic catalogues including Retour d’Abyssinie, published by La Banque in 2018; Helpless, by Villa Saint Clair Editions published in 2015; Eschatologic Park, published by Les Presses du Réel in 2010. In 2016, the MAC VAL dedicated a monographic exhibition to him entitled «Tout est affaire de décor», and in 2022 to present «A mains nues». Since September 2018, a series of unpublished works are presented at Topaz Arts, New York. ***** Il est des incantations qui ressemblent à des gifles, des conseils qui s’avèrent piège... Dream on : on pourrait traduire ces deux mots par « Tu peux toujours rêver ». Ou, plus littéralement, par une sorte d’encouragement: « Continue à rêver ». Un moyen de se débarrasser de toute illusion, ou de vous débarrasser du monde ? Pierre Ardouvin a toujours eu le chic des titres à triple ou quadruple sens. Dream on, cela sonne aussi comme un hymne pop, la bande-son d’un road-movie lancé dans une nuit américaine. Une de ces nuits de cinéma, qui feint l’obscur en se parant de filtres bleus. Pour cette nouvelle exposition à la galerie Praz-Delavallade, une nuit américaine a justement envahi tout l’espace, de son bleu triomphant. Les murs vibrent à l’unisson de ce ciel de rêve : c’est lui qui fait sortir de leurs limbes les songes de Pierre. Car monsieur rêve, bien sûr. C’est sa défense, le pilier central de la galerie, qu’il a cerné d’oreillers, nous le rappelle : ailleurs, dans des pays en guerre, on protège ainsi les monuments de sacs de sable. Illustration et défense du rêve, en guise de résistance. Monsieur rêve aussi de Nuits noires, son trio de teatrino nous le révèle : trois scènes qui surgissent sur fond de ciel, étoilé à coup de paillettes. Sur un lit, un cerf dont les bois se font regard ; sur un lit, une maison en ruine près d’un palmier ; sur un lit, un soldat de plomb piétinant une table qui abrite une chèvre. Autant de jouets d’enfant, coulés dans le bronze. Ils ne risquent plus d’être brisés par les mains d’un bambin : ils sont là, dans l’éternité de leur mini cosmos de pacotille. « Comme la nuit s’agrandit quand les rêves se fiancent », pressentait Gaston Bachelard dans sa Poétique de la rêverie. Ces trois là nous ouvrent la porte, et tout vacille. Les nuages, ces merveilleux nuages, se prêtent à toutes les paréidolies : en de précieuses petites toiles, ils se font tour à tour baiser, silhouette endormie, arbre-cœur, baleine, clown, éléphant. Avec la série des Ecrans de veille, le monde se dérobe définitivement sous nos pieds. Âprement détournées, ces cartes postales d’antan nous envoient le bon souvenir de désastres à venir. Une en haut, une en bas : l’artiste préside aux fiançailles des deux clichés, et les perturbe à coup d’aquarelles et de taches de gouache. Un crépuscule pourpre ronge doucement une piscine de montagne ; des ruines apparaissent dans les entrailles de la terre, au pied d’une grande roue qui a fini de tourner ; des fleurs pétulantes naissent des élans d’un grand huit ; un troupeau de Scotland pait dans les tréfonds d’un paisible lac ; des mimosas dégoulinent sur les rochers de Fontainebleau. Ainsi allait Le monde d’avant, nous rappelle le titre. Ecrans duels, de fumée, ces rêveries s’enchainent sur le mur, décidément bleu. Elles sont les odes inquiètes, inquiétées, à un paradis que tout menaçait, mais qui n’en avait pas la préscience : ces années 1960 qui avaient le don de tout tourner à la carte postale, si sures qu’elles étaient de nous conduire en quadrichromie vers un avenir meilleur. Ce monde magnifié par les fameuses éditions Yvon, c’est celui où finalement on n’est pas allé. Car on connaît la suite. Pierre Ardouvin (né en 1955 à Crest), vit et travaille à Paris. Depuis les années 90, il cultive une réflexion sur la culture du spectacle, la mémoire des utopies de l’émancipation issues des années 60, le sort des rites populaires dans le contexte de l’industrialisation culturelle et les rapports de classes, d’identité. Par la réappropriation d’objets du quotidien qu’il investit d’une part poétique et narrative, sa recherche artistique interroge les notions d’authenticité et d’illusion. Pierre Ardouvin conçoit ses expositions comme des environnements immersifs et théâtralisés en mélangant différentes techniques comme le dessin, le collage et la sculpture. Son travail a fait l’objet de nombreuses expositions personnelles et collectives en France et à l’étranger : Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris (2005, 2010), Fondation Jumex, Mexico (2008) ou encore au NMCA, Seoul (2011). En 2016, le MAC VAL lui consacre une exposition monographique intitulée «Tout est affaire de décor», et en 2022 pour présenter «A mains nues». Depuis Septembre 2018, une série d’oeuvres inédites sont présentées à Topaz Arts, New York. Aujourd’hui, le travail de Pierre Ardouvin est inclus dans de nombreuses collections publiques et privées internationales.

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5 rue des Haudriettes

Paris, NY

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