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Marais, Paris

Gideon Rubin

Moon Above Water

Karsten Greve

6 July – 8 September 2024

[Scroll down for French version / Veuillez trouver ci-dessous la version française] A small, cream coloured moon, half obscured by a ribbon of cloud, hangs low over a body of water. Rothko–esque in its composition, the canvas is divided in three bands of blue. Abstract in nature, it is only the presence of the moon - a neat dot amongst broad strokes - that pulls the image towards its final, figurative interpretation. Similarly, it is another small detail - the inimitable curve of tubular steel - that anchors the 2024 painting “Pool” in the world of figuration, providing context and meaning to the blocks of colour that surround it. Blurring the boundary between abstraction and figuration has become a central theme in the work of Gideon Rubin, who examines, through each painting and every series, how these seemingly opposite styles converge. As a young painter, Rubin produced portraits – slow, laborious and steadfastly figurative – but, over time, he became both more dexterous and more loose; able to convey the mood of a person without detailing the exact profile of their face, capturing the sense of movement rather than the exact creases in a piece of clothing. In this way, his paintings reflect something of how human memory works - all softened edges and lost details, feeling over fact. We remember things the way we wish them to be remembered - be it a person, an experience, a film or a place - and it is this trick-of-the-mind that Rubin investigates through his work. Through a process of simplifying and editing, the painter breaks each image into its component parts – blocks of colour and tone that can be reassembled as a lucid and familiar image, or something a little more ambiguous. Painting several canvases - dozens, even - at the same time, a conversation develops amongst these works-in-progress as they hang together on the studio wall. Certain affinities appear amongst the subjects - the landscapes and still lives, portraits and scenes - and narratives emerge, disintegrate and evolve through their myriad combinations. Sourced from books, magazines, films and the internet, Rubin draws his imagery from this collective memory – this bank of images that we each put into and take from – which both contains and reflects all of human history and culture. More recently, Rubin has been creating paintings from his own photographs, fleeting images and snapshots from his phone. Also included in the exhibition, are a number of canvases that were painted from life – the model in the studio – which marks a return to painting the human figure rather than a representation of it. Despite their disparate origins, the subjects are linked by the act of choosing: they each contain something that connects with the artist, expressing something of his own perspective on the world. The images are drawn together thematically too, each possessing a palpable sense of the quotidian. Rubin’s subject matter is the stuff of life: the views and vistas glimpsed from a window or on screen; the people lost in conversation or in thought; a day at the beach; the first cherries of the season. Painting scenes that are ephemeral yet repeatable, Rubin depicts moments that are gone forever but that are inherently cyclical in nature. The woman will return to her book, The anemones will bloom the same deep red next year, And the moon will appear again tomorrow, above the water. —Rosanna Robertson ***** Une petite lune couleur crème, à demi voilée par un ruban de nuage, flotte à faible hauteur au-dessus d’une étendue d’eau. Rothko-esque dans sa composition, la toile est divisée en trois bandes de bleu. Abstraite en soi, c’est seulement la présence de la lune – un point net au milieu de touches larges – qui tire l’image vers son interprétation finale, figurative. De manière similaire, c’est un autre petit détail – la courbe reconnaissable entre toutes de l’acier tubulaire – qui ancre le tableau Pool (2024) dans l’univers figuratif, fournissant un contexte et un sens aux blocs de couleur qui l’entourent. Brouiller la frontière entre l’abstraction et la figuration est devenu un thème central dans l’oeuvre de Gideon Rubin, qui examine, à travers chaque peinture et chaque série, de quelle façon convergent ces styles en apparence opposés. Jeune peintre, Rubin produisait des portraits – lents, laborieux et solidement figuratifs –, mais avec le temps il est devenu à la fois plus habile et plus libre ; capable de transmettre l’état d’esprit d’une personne sans détailler les traits de son visage, capturant le sens du mouvement plutôt que la précision des plis d’un vêtement. Dès lors, ses peintures reflètent quelque chose du fonctionnement de la mémoire humaine – tout en angles adoucis et détails perdus, le ressenti plutôt que le fait. Nous nous souvenons des choses de la façon dont nous souhaitons qu’elles soient remémorées – qu’il s’agisse d’une personne, d’une expérience, d’un film ou d’un endroit – et c’est ce tour de passe-passe de l’esprit que Rubin explore dans son oeuvre. Au travers d’un processus de simplification et de montage, le peintre fractionne chaque image en ses composants – des blocs de couleurs et de tons qui peuvent être réassemblés en une image claire et familière, ou quelque chose d’un peu plus ambigu. Rubin travaille sur plusieurs tableaux à la fois – des dizaines, même –, si bien qu’une conversation s’engage entre ces oeuvres en cours tandis qu’elles sont accrochées au mur de son studio. Des affinités se font jour parmi les thèmes – les paysages et les natures mortes, les portraits et les scènes – et des récits émergent, se désagrègent et évoluent au fil de leurs innombrables combinaisons. Inspiré par des livres, des magazines, des films et Internet, Rubin puise ses images dans cette mémoire collective – cette banque visuelle à laquelle nous contribuons tous et où nous piochons –, qui contient et reflète l’intégralité de l’histoire et de la culture humaines. Plus récemment, Rubin a peint à partir de photographies qu’il a prises lui-même, des images fugitives et des instantanés capturés avec son téléphone. L’exposition montre aussi un certain nombre de toiles réalisées d’après nature – le modèle dans le studio –, ce qui marque un retour à la peinture de la figure humaine plutôt qu’à sa représentation. En dépit de la diversité de leurs origines, les sujets sont liés par le choix dont ils sont le fruit : ils contiennent tous des éléments qui les rattachent à l’artiste, exprimant quelque chose de sa vision du monde. Les images sont également rassemblées de manière thématique, chacune témoignant d’un sens prononcé du quotidien. Le sujet de Rubin, ce sont les trucs de la vie : les vues et aperçus saisis depuis une fenêtre ou sur un écran ; les gens absorbés dans une conversation ou dans leurs pensées ; une journée à la plage ; les premières cerises de la saison. Peignant des scènes qui, tout en étant éphémères, peuvent se répéter, Rubin donne à voir des moments révolus mais intrinsèquement cycliques. La femme retournera à son livre. Les anémones refleuriront l’année prochaine du même rouge profond. Et la lune réapparaîtra demain, au-dessus de l’eau. —Rosanna Robertson

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5 rue Debelleyme

Paris, NY

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