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Marais, Paris

Jim Shaw

Unknown Monsters

Praz-Delavallade

24 February – 14 April 2024

[Scroll down for French version / Veuillez trouver ci-dessous la version française] Praz-Delavallade Paris is pleased to present Jim Shaw 's new solo exhibition with the gallery. Iconic figure of the Californian art scene, Jim Shaw shares with Mike Kelley, and later with Paul McCarthy, the same desire to produce art that explores American society. In 1973, Jim Shaw and Mike Kelley formed the influential punk group Destroy all Monsters, aiming to produce art that explored the schizophrenic side of a society they saw as conformist, standardized and in decline. Early on, Jim Shaw's works were made of heterogeneous sources, of personal histories and collective cultural history. While many of them appear to be a result of dreamlike hallucinations, they remain far from European surrealism. Jim Shaw's more recent work is teeming with grotesque, delinquent figures that evoke the history of America sick with bulimia and excess. Jim Shaw depicts America in its rawest form which witnesses Uncle Sam poisoned by Kremlin devils, Nixon's dog named Checkers, Brett Kavanaugh accused of rape and appointed to the Supreme Court by Trump. Shaw exposes the turpitudes of politics and the damage caused by some multinational corporations’ greed. And yet, although these works are animated by the most satirical impulse, it is not "political" art. This is not "AgitProp" - the creation of a committed ideological community around a form or idea. Jim Shaw's historical models are singularly anachronistic. We flirt with history painting, as it was practiced at the end of the 19th century and which combined discursive tools with devices for producing allegorical images. Hieronymus Bosch's nightmarish visions - hermetic and cryptic - are another even more ancient referent, whose intentions remain subject to the most contradictory interpretations today, more than half a millennium after their creation. Although Shaw's references remain unknown to many observers of contemporary art, they nevertheless belong to a field that by definition is open to all and which is everyday popular culture. In this way, Jim participates in the development of his generation, notably with the critique of the status of the author and, consequently, the loss of the work's aura. In the profusion of images created or collected by the artist, the viewer is thrown back into the uneasy condition of ideological arbiter. Shaw usually works with large-scale bodies of work. For example, My Mirage (1986-1991), a vast biographical fiction about a character named Billy, includes some 170 pieces. Since 1992, Shaw has been transcribing his dreams into drawings (Dream Drawings) and sculpting artworks that appear to him in his sleep (Dream Objects). The Thrift Store is a living work regularly supplemented with new additions of works found in second-hand stores. Another example of his work: the unmissable Distorted Faces and the ex-nihilo creation of "the O-ism" a religion straight from his imagination, that he codifies as the Grand Master of the order. It's a deep dive into the roots of North American ideology, through a multitude of installations, paintings, videos and drawings meant to represent and describe it. A vast recycling enterprise that anarchically embodies the obsessions, neuroses and collective values of post-war America. From then on, Jim Shaw never ceased to expose the failings and deviancies of this culture, not only by explicitly criticizing it, but also by staging it in nightmarish situations. Profoundly erudite as well as anti-authoritarian, Jim Shaw's works have continued to embody a strange beauty for over 50 years. This exhibition is part of Praz-Delavallade's tribute to this great artist, celebrating 26 years of collaboration by devoting a retrospective exhibition to him, featuring works from various series spanning the period 1975 to 2019. —René-Julien Praz ***** Praz-Delavallade Paris est heureux de présenter «Unknown Monsters», exposition de personnelle de Jim Shaw du 24 février au 13 avril 2024. Cette exposition s’inscrit dans la perspective de l’hommage que Praz-Delavallade rend à cet immense artiste célébrant ainsi 26 ans de collaboration en lui consacrant une exposition rétrospective avec des oeuvres issues de différentes série s’échelonnant de 1975 à 2019. Personnalité iconique de la scène artistique californienne Jim Shaw partage avec son complice Mike Kelley, puis en y adjoignant un troisième larron Paul McCarthy, le même désir de produire une œuvre plastique ayant pour but d’explorer cette société américaine. Jim Shaw et Mike Kelley forment dès 1973 l’’influent groupe punk Destroy all Monsters avec l’envie de produire un art visant à explorer le côté schizophrénique d’une société qu’ils considèrent conformiste et standardisée, voire sur le déclin. Très tôt les oeuvres de Jim Shaw sont des agrégats issus de sources hétérogènes, des moments d’histoires personnelles et de fragments d’histoire culturelle collective. Si nombre d’entre elles semblent être le produit d’hallucinations façonnées sous le régime du rêve, elles restent pourtant étrangères à une tradition héritée du surréalisme européen. Les travaux plus récents de Jim Shaw grouillent de figures grotesques et délictueuses qui évoquent l’histoire de cette Amérique malade de ses boulimies et de ses excès. Pêle-mêle on découvre cette actualité du quotidien sous la figure de l’oncle Sam rendu malade par des diablotins du Kremlin, le chien Checkers de Nixon, Brett Kavanaugh accusé de viol et nommé à la cour suprême par Trump, Shaw étale au grand jour les turpitudes de la gente politique et les dégâts causés par la cupidité de certains grands dirigeants de multinationales. Pourtant, bien que ces œuvres soient animées d’un élan satirique des plus acerbes, nous ne sommes pas en présence d’un art «politique». Il ne s’agit pas d’AgitProp – la création d’une communauté idéologique engagée autour d’une forme ou d’une idée. Les modèles historiques de Jim Shaw sont plus singulièrement anachroniques. Nous sommes ici proche d’une Peinture d’Histoire, telle qu’elle était encore pratiquée à la fin du 19ème siècle. Celle-ci alliait des outils discursifs issus d’une tradition rationaliste critique à des dispositifs de production d’images allégoriques. Autre référent, plus antique encore, les visions cauchemardesques – hermétiques et cryptées – de Hieronymus Bosch, dont les intentions restent aujourd’hui, plus d’un demi-millénaire après leurs créations, sujettes aux interprétations les plus contradictoires. Si ces références de Shaw demeurent inconnues d’un grand nombre d’observateurs dans l’art contemporain, elles appartiennent néanmoins à un champ qui par définition est ouvert à tous : celui de la culture populaire quotidienne. Jim participe ainsi à l’élaboration des enjeux de sa génération, notamment à la critique du statut de l’auteur et, en conséquence, à la négociation de la perte de l’aura de l’œuvre. Dans la profusion d’images que l’artiste crée ou recueille, le spectateur est renvoyé à la condition malaisée d’arbitre idéologique. Shaw travaille le plus souvent avec des œuvres formant de larges corpus. Ainsi, My Mirage (1986- 1991), vaste fiction biographique d’un personnage nommé Billy, compte près de 170 pièces. Depuis 1992, Shaw transcrit ses rêves en dessins (Dream Drawings) et réalise en sculpture les œuvres d’art qui lui apparaissent durant son sommeil (Dream Objects). L’ensemble Thrift Store, oeuvre vivante que l’artiste complète régulièrement par de nouveaux rajouts d’oeuvres trouvées dans les boutiques d’occasion, autres séries les incontournables Distorted Faces et la création ex-nihilo de «cette religion l’O- isme» née de son imagination dont en Grand Maître de l’ordre il établit les codes et les rites. À travers elle, c’est à une plongée aux sources mêmes dans les racines de la pensée nord américaine autour d’une multitude d’installations, peintures, vidéos et dessins censés la représenter et la décrire. Une vaste entreprise de recyclage en somme qui incarne de façon anarchique les obsessions, névroses et valeurs collectives de cette Amérique d’après-guerre. Dès lors, Jim Shaw n’aura de cesse de mettre à jour les défaillances et les déviances de cette culture non seulement en la critiquant explicitement mais en la mettant en scène dans des situations cauchemardesques. Profondément érudits aussi bien qu’anti-autoritaires, fruits d’un processus d’improvisation des plus souverains, les oeuvres de Jim Shaw continuent d’incarner depuis plus de 50 ans une beauté étrange qui leur est propre. —René-Julien Praz

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5 rue des Haudriettes

Paris, NY

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