Marais, Paris
Minh Lan Tran
Pierce
Balice Hertling[Scroll down for French version / Veuillez trouver ci-dessous la version française] Sometimes a bruise is no revelation but uncertainty, manifest. If memory obliges, we follow its soft seam back towards the blunt-force-stamp of its origin. We retrace our steps to reconstruct the forgotten sting, which memory rescues and (almost) pacifies. Or else memory fails, and we are left to inherit the startling, incomplete disclosure that is the closed wound. We search for lost gestures, buried in the bloom. Its chorus of broken vessels searches for us too, as yoked blood utterances inscribe us from within: a torrent, embalmed; a dissolving map. A placeless place cries out and is muted by the seal of its safe deposit beneath. A bruise holds its boundary, even as it blurs. A cut is different. It does not loom but rips, bursts, surges through. It exhales its discordant genesis. It tears into space and threatens our fidelity to the false belief that it is possible to leave no trace; to keep eternal vigil in the changing face of it all; to do no harm. Under the right conditions, any instrument can be an actant in the story of injury. Which is not to say that all cuts are the same (“any way you slice it”), but once this ambient tension (a promise) is severed, the wound usurps command. Porosity wields complicity like a weapon to which we must yield. Minh Lan Tran’s “Pierce” reveres the interminable, volatile passage of matter and time, between the fleshly strata of the haptic and the ghostly striations of memory. Here, potent viscosities announce themselves and attenuate as whispers, as veins corroborating unknown sources. Which source and what body? Blushing skeins of blood, oil, milk, bright chlorophyll and amber sap dilate and dilute, wrung through hybrid fascia of latex, linen, onionskin. Staples bifurcate punctured surfaces but do not cauterize the gashes. Here and elsewhere, pigment cuts its own cord, bloodletting over fibrous channels and grids of charcoal and chalk. Exacting torsions bruise in places to haemorrhage in others. Where piercing takes hold—by heat or by hand—holes constellate as flightpaths, as fractile-winged incarnations. To pierce is to violate the order of things, and also, to encode it with air and light. To pierce is to bypass tentative looking, keeping watch for threat’s appearance and instead, to risk interference so as to speak and to act. To pierce is to enter, sight unseen, to reach for an inviolable will to transform. Growth itself pierces and clots as lianas—young, stiff, searchers—grasp and ladder older wounds. Grapnel spines pry and graft the splintered evidence of screens, synthesizing fault lines of shadow, crack, and sheen. Here and everywhere—just beyond—porosity corrupts and redeems. —Julia Michiko Hori Julia Michiko Hori is a university associate professor of postcolonial and Caribbean literatures in the Faculty of English at the University of Cambridge. Julia often writes about histories of power and its encrypted presence in architecture and visual culture. Trained as a literary scholar and moved by narratives of ruination and restoration—particularly where they concern the afterlives of empire and colonialism—she is currently writing a book on the production, circulation, and violence of heritage culture in Britain and the British Caribbean. Previous writing has appeared in American Quarterly, Callaloo Journal of African Diaspora Arts and Letters, The Avery Review, and Glenn Ligon: All Over the Place (a catalogue edited by Glenn Ligon and Habda Rashid). Minh Lan Tran (b. 1997, Hong Kong) currently lives and works in Paris. She holds an MA in Byzantine Studies and Visual Theology from the Courtauld Institute of Art, London (2020), and an MA in Painting from the Royal College of Art, London (2023). ***** Parfois une ecchymose n’est pas une révélation mais une incertitude, manifeste. Si la mémoire oblige, l’on suit sa douce veine[ligne] jusqu’au poinçon de la force émoussée de son origine[jusqu’à l’origine du tampon contendant de force ][au tampon de force contendant]. Nous retraçons nos pas pour reconstruire la piqûre oubliée, que la mémoire vient sauver et (presque) pacifier. Sinon la mémoire échoue, and nous sommes laissés là à hériter de l’époustouflant, de la révélation incomplète qu’est la blessure fermée. Nous sommes à la recherche de gestes perdus, enterrés dans l’éclat[la fleur]. Son choeur de vaisseaux brisés nous recherche, lui aussi, [tandis que][alors que] telle de sanglantes expressions nous marquant de l’intérieur : comme un torrent, embaumé ; une carte dissoute. Un lieu sans endroit[un lieu sans place] crie et est muet par le sceau de son coffre-fort au-dessous. Une ecchymose tient ses limites, même quand elles sont troubles. Une coupure est différente. Elle ne surgit et pourtant déchire, émerge, déferle au travers. Elle exalte sa genèse discordante. Tout en rompant dans l’espace et menaçant notre fidélité à la fausse croyance qu’il est possible de ne laisser aucune trace ; De garder l’éternel vigilance face au changement de tout cela ; De ne faire aucun mal. Dans les bonnes conditions, tout instrument peut être un acteur de l’histoire de la blessure. Qui ne revient pas à dire que toutes les coupures sont les mêmes (« any way you slice it » - « quoi qu’on en dise »), mais une fois que cette tension ambiante (une promesse) est rompue, la blessure usurpe le commandement. La porosité exerce sa complicité comme une arme à laquelle nous devons céder. « Pierce », par Minh Lan Tran, révère l’interminable, le passage volatile de l’espace et du temps, entre les strates charnelles de l’haptique et les striations fantomatiques de la mémoire. Ici, les viscosités puissantes s’annoncent d’elles-mêmes et s’atténuent comme des murmures, tandis que les veines se corroborent à des sources inconnues. Which source and what body ? (Quelle source et quel corps ?) sont des écheveaux rougissant de sang, d’huile, de lait, de brillante chlorophylle et de sève d’ambre qui se dilate et se dilue, tordu à travers une façade hybride de latex, lin et papier pelure. Les agrafes bifurquent sur les surfaces perforées, mais ne cautérisent pas les entailles. Ici et ailleurs, le pigment coupe son propre fil, comme une saignée sur des canaux fibreux et des grilles de fusain et de craie. Exigeant des ecchymoses sévères à des endroits et des hémorragies dans d’autres. Où le piercing[perçage] tient-par chaleur ou par mains-une constellation de trous comme des trajectoires de vol, comme des incarnations d’ailes fracturées. Percer c’est violer l’ordre des choses, mais aussi, l’encoder à l’aide de l’air et de la lumière. Percer c’est outrepasser, contourner le regard[l’apparence] hesitant[e], de risquer l’interférence, pour ainsi dire et faire. De percer c’est d’entrer, à l’aveugle, pour atteindre la volonté inviolable de transformer. Le développement lui-même[l’expansion elle-même] perce et coagule comme des lianes-jeunes, rigides, chercheuses-saisissant et filant des blessures plus anciennes. Les épines de grappin mêlent et greffent la preuve éclatée des écrans, synthétisant les failles d’ombre, les fissures et les éclats. Ici et ailleurs-juste au-delà-la porosité corrompt et rachète. —Julia Michiko Hori
