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Marais, Paris

Margaux Meyer & Barbara Hammer

Strip to the Bones

Derouillon

9 September – 5 October 2025

[Scroll down for French version / Veuillez trouver ci-dessous la version française] Strip to the Bones establishes a dialogue between Barbara Hammer’s cinematic work Sanctus (1990) and a new series of abstract paintings on nailed paper and canvas by Margaux Meyer. Both artists reject classical forms of representation and break with a certain aesthetic tradition, where experimental cinema replaces genre cinema, and abstraction supplants figuration. Their thinking is shaped by reactions and sensations that place the body at the center of their work. Their practices are articulated through phenomenological elements—sensitive and gestural—resulting in a strong organic, then erotic, tension that allows the represented subjects to exist freely. Meyer’s painting breaks away from the physical laws that constrain the body in its representation, manifesting as the distension of cellular tissues, which seem to stretch to the point of rupture, to the point of ecstasy. Composed from animated 70–35 mm X-rays borrowed from Dr. James Sibley Watson, Sanctus reveals all the subtlety and sensitivity of experimental cinema. By running the photographs through a 16 mm optical printer, Hammer achieves a shifting effect she calls a “color halo”, which she uses alongside her primary colors. Just as Meyer builds up layers only to subtract matter, Hammer reduces images, overlays them, and experiments with superimpositions and collaged negatives until she obtains contrasting halos.[1] While Meyer depicts the fragility of organic and cellular systems, and Hammer preserves them by limiting herself to a “skeletal” representation, both artists nevertheless introduce the idea of fatality. Sixteen years after the making of Sanctus , Hammer was diagnosed with incurable ovarian cancer, raising questions about the harmful effects of radioactive imaging. Meyer’s paintings display bodies in perpetual mutation, inevitably evoking natural and biological cycles. The Pelvis series (nos. 30, 41, 33, 27, 52, Girl ) conveys this (de)gradation through different states of the subject matter: while some papers perspire successive layers of oil, others are essentially carbonic ( Girl ). The exhibition thus introduces the image of the “carrion- body”, where the organic decays and only the carcass remains. Entitled Sanctus , the film evokes the duality between science and religion. For the medical field, sanctus means “in good health”, recalling the adage Mens sana in corpore sano . In the Book of Revelation , however, it becomes a call to prayer to the Lord Sabaoth, the celestial god of the night. This religious reference resonates with the analog score created by Neil Rolnick, which brings together the Sanctus section of five different composers. Like a danse macabre, skeletons move to the rhythm of experimental prayers. This mesmerizing and erotic choreography continues in Tarp , a work inspired by Holbein’s Death’s Apparitions (1785),[2] where a skeleton, a funereal emissary, captures two lovers in an embrace with the sweep of a sheet. In Puce Moment (1949), Kenneth Anger reclaims the glamorous cult of the Roaring Twenties actress, a social fetish, staging an endless ballet of draperies pulling one another away. Playing on the notion of “striptease”, Strip to the Bones breaks free from the traditional social codes that sexualize the body. Here, the dialogue emphasizes the internal perceptive phenomena of the female body—such as menstrual fluids, mucous membranes—and underscores their emancipatory functions against the fantasy-images imposed by patriarchal societies. In her book On Female Body Experience , Iris Marion Young argues that the subject frees itself from masculine alienation by reclaiming personal bodily experience. For Margaux Meyer and I. M. Young alike, this emancipation originates in the womb, as a sensitive epicenter. —Clement Caballero “The sensation of color resides in the womb.” —M. Meyer 1 - “DocFilm Forum: Barbara Hammer & Cheryl Dunye”, DocFilm Institute, 2017 2 - Johann Rudolf Schellenberg, Gestöhrte Liebe. « Der Tod bedekt zwey Liebende mit einem Nez. », in Freund Heins Erscheinungen in Holbeins Manier, 1785 ***** Strip to the Bones établit un dialogue entre l'œuvre cinématographique de Barbara Hammer, Sanctus (1990) et une nouvelle série de peintures abstraites sur papier clouté et sur toile de Margaux Meyer. Les deux artistes rejettent toute représentation classique et rompent avec une certaine tradition esthétique, où le cinéma expérimental se substitue au cinéma de genre, et l’abstraction à la figuration. Leurs pensées sont façonnées par des réactions et des sensations qui placent le corps au centre de leur travail. Leurs pratiques s’articulent à partir d’éléments phénoménologiques — sensibles et gestuels —, se traduisant par une tension organique, puis érotique, très forte, permettant ainsi aux sujets représentés d’exister librement. La peinture de Meyer se détache des lois physiques qui contraignent le corps dans sa représentation, ce qui se manifeste par la distension des tissus cellulaires, lesquels semblent s’étendre jusqu’à la rupture, jusqu’à l’extase. Composée d’après des radiographies animées en 70-35 mm empruntées au Dr James Sibley Watson, Sanctus révèle toute la subtilité et la sensibilité du cinéma expérimental. En passant la photographie dans une imprimante optique 16 mm, Hammer obtient un effet de décalage qu’elle appelle « halo de couleurs » et qu’elle utilise en complément de ses couleurs primaires. Tout comme Meyer monte en couches pour ensuite soustraire de la matière, Hammer réduit les images, les superpose, et joue par surimpression et collages de négatifs jusqu’à obtenir des auréoles contrastées.[1] Si Meyer dépeint la fragilité des systèmes organiques et cellulaires, tandis que Hammer les préserve en se cantonnant à une représentation « osseuse », les deux artistes introduisent néanmoins l’idée de fatalité. Hammer, diagnostiquée d’un cancer des ovaires incurable seize ans après la réalisation de Sanctus , nous interroge sur les effets néfastes des images radioactives subies. La peinture de Meyer, quant à elle, exhibe des corps en perpétuelle mutation, non sans évoquer les cycles naturels et biologiques. La série des Pelvis (n° 30, 41, 33, 27, 52, Girl ) traduit cette (dé)gradation par différents états du « subject-matter » : alors que certains papiers transpirent les couches successives d’huile, d’autres sont essentiellement carboniques ( Girl ). L’exposition introduit l’image du « corps-charogne », dont l’organique se nécrose et où seule la carcasse subsiste. Intitulé Sanctus, le film évoque la dualité entre science et religion. Si, pour le corps médical, sanctus signifie « en bonne santé », selon l’adage Mens sana in corpore sano , dans le Livre de l’Apocalypse , il s’agit d’un appel à la prière au Seigneur Sabaoth, dieu céleste de la nuit. Cette référence religieuse entre en résonance avec la partition analogique créée par Neil Rolnick, qui rassemble la section Sanctus de cinq compositeurs différents. Telle une danse macabre, des squelettes se meuvent au rythme de prières expérimentales. Cette chorégraphie envoûtante et érotique se prolonge dans Tarp , œuvre inspirée des Apparitions de la Mort à la manière de Holbein (1785),[2] où un squelette, émissaire mortuaire, capture à l’aide d’un drap deux amants en train de s’embrasser. Dans Puce Moment (1949), Kenneth Anger se réapproprie le culte glamour de l’actrice des années folles, fétiche de société, où le cinéaste met en scène un ballet incessant de drapés qui se soustraient les uns aux autres. Détournée de l’expression « striptease », Strip to the Bones se détache des codes sociaux traditionnels qui sexualisent le corps. Ici, le dialogue établi met l’accent sur les phénomènes internes perceptifs du corps féminin, tels que les fluides menstruels, les muqueuses, et souligne leurs fonctions émancipatrices vis-à-vis des images-fantasmes instaurées par nos sociétés patriarcales. Dans son ouvrage On Female Body Experience , Iris Marion Young défend l’idée que le sujet s’affranchit de l’aliénation masculine en se réappropriant ses propres expériences personnelles. Pour Margaux Meyer et I. M. Young, cette émancipation prend source dans le ventre, comme épicentre sensible. —Clement Caballero « La sensation de la couleur se situe dans le ventre » —M.Meyer 1 - « DocFilm Forum: Barbara Hammer & Cheryl Dunye » , DocFilm Institute, 2017 2 Johann Rudolf Schellenberg, « Gestöhrte Liebe. Der Tod bedekt zwey Liebende mit einem Nez. », in Freund Heins Erscheinungen in Holbeins Manier, 1785

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38 rue Notre Dame de Nazareth

Paris, NY

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